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Réforme de l'emploi : du lard ou du cochon... ?

Réforme de l'emploi : du lard ou du cochon... ?

De belles joutes verbales en perspective...

Réforme de l'emploi : du lard ou du cochon... ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue des discussions sur la réforme de l'emploi, trois syndicats français ont validé le principe du projet de réforme... Ce projet va maintenant avancer vite. Un texte de loi sera présenté au Conseil des Ministres au début du mois de mars, examiné à l'Assemblée nationale au mois d'avril. La loi devrait être promulguée au cours du mois de mai prochain. Néanmoins, les avis restent très partagés et d'ici là, le sujet promet encore de belles joutes verbales...

Satisfecit gouvernemental
Du côté du Gouvernement, les commentaires sont univoques derrière le chef de file, François Hollande. Le Président de la République se félicite du "succès du dialogue social" pour ce projet d'accord décroché après 3 mois d'âpres négociations. François Hollande salue "un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l'emploi". Dans la même ligne, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault fait part de sa "vive satisfaction de l'aboutissement de la négociation engagée par les partenaires sociaux sur la sécurisation de l'emploi"... Selon Matignon, cette accord va contribuer à "la construction du nouveau modèle français", représentant "un équilibre entre la sécurité nécessaire pour les salariés et les possibilités d'adaptation indispensables aux entreprises pour maintenir l'activité et l'emploi". Michel Sapin accueille la nouvelle avec soulagement. Faisant référence à la CGT et FO, qui n'ont pas ratifié l'accord, le Ministre du Travail et de l'Emploi a indiqué qu'il aurait "préféré, bien entendu, que plus encore d'organisations syndicales le signent", et d'ajouter : "Je respecte tous les motifs, mais il y a un accord et cet accord est un bel et grand accord".

Une classe politique partagée
La classe politique est loin d'être aussi élogieuse... Eric Woërth -député de l'Oise et ancien Ministre du travail de Nicolas Sarkozy- estime que "la montagne accouche d'une souris" et qu'"il ne s'agit en rien d'un accord historique". L'ancien Ministre est rejoint dans sa position par l'UMP Arnaud Robinet qui relève "un compromis anecdotique". Il ajoute : "La montagne de l'accord historique sur la sécurisation de l'emploi a accouché d'une souris. Les partenaires sociaux n'y sont pour rien. Le gouvernement a survendu ces négociations pour n'aboutir à aucun résultat, à aucune mesure concrète en faveur des entreprises". Pour des raisons différentes, Olivier Dartigolles du Parti Communiste condamne également ce projet, estimant qu'il "fait la part belle au Medef en actant un recul des droits sociaux et en annonçant une généralisation de la précarité". En revanche, Jean-Michel Baylet du Parti Radical de Gauche approuve le consensus obtenu, relevant "un premier succès pour le Président de la République dans la bataille pour l'emploi qu'il a engagée".

"Jour de soldes" pour droits des salariés ?
Du côté syndical, les opinions restent tout aussi divergentes que lors des négociations. La CGT et FO demeurent clairement opposés à ce texte, même si leur potentiel d'opposition au projet est maintenant bien entamé. Les deux syndicats dénoncent davantage de précarité pour l'emploi et estiment que le projet apporte une flexibilité excessive aux entreprises. Agnès Le Bot, la négociatrice de la CGT, considère ce texte "proprement inacceptable". Son homologue de FO, Stéphane Lardy, a pour sa part estimé au terme des négociations : "Nous considérons que c'était les soldes pour les droits des salariés. Aujourd'hui 11 janvier 2013, il s'agit d'un jour sombre pour les droits des salariés. Ce projet d'accord, qui nous est présenté, est extrêmement déséquilibré, avec peu de droits en matière de sécurisation de l'emploi et beaucoup de flexibilité". Par ailleurs, le Secrétaire confédéral de FO s'est déclaré "extrêmement déçu à l'issue de cette négociation, car nous ne considérons que nous avons loupé la cible qui était une meilleure sécurisation de l'emploi. Ce qui nous attend en 2013, c'est malheureusement plus de chômage. Nous craignons que cet accord, s'il est signé, précarise encore plus le droit des salariés et des demandeurs d'emploi".

De "nombreuses avancées" partagées par les signataires du projet
Pour le Medef, Laurence Parisot, estime que ce compromis est "tout sauf un accord a minima". Même satisfaction à la CFDT qui est plutôt satisfaite de l'accord trouvé avec les représentants du patronat : "La CFDT se félicite des avancées nombreuses de ce texte, qui est ambitieux pour l'emploi et le parcours professionnel des salariés. Ce texte donne des droits nouveaux aux salariés, une complémentaire santé pour tous, la mise en place de droits rechargeables à l'assurance chômage, la taxation des contrats courts. (...) Nous avons vraiment des avancées pour les salariés" se félicite Laurent Berger, Secrétaire général CFDT.

Globalement positif
La CFTC revient sur le contenu du projet et met en avant les avancées sur les droits des individus : "A la CFTC, nous sommes attachés à ce que les droits ne soient pas rattachés à l'entreprise, mais à la personne. Maintenant, nous avons des droits attachés à la personne, notamment les droits rechargeables pour l'assurance chômage, la généralisation d'une couverture santé qui va toucher 4 millions de personnes dont des chômeurs, et une couverture pour les gros risques, notamment pour l'assurance décès. (...) Ce n'est pas neutre pour un syndicaliste et les salariés qui peuvent être touchés. Ce sont de vrais progrès" estime Joseph Thouvenel. Par ailleurs, le vice-Président de la CFTC a rappelé que "sur les contrats courts, on renchérit le coût du travail". Par conséquent, au nom de son syndicat, il considère que cet accord est "globalement positif, avec des points que nous regrettons", notamment sur l'augmentation de la flexibilité. La CFTC considère qu'à cette table de négociations, elle avait "la responsabilité d'avancer pour les salariés et pour faire reculer le chômage".

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