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Quels sont les chantiers prioritaires d'Emmanuel Macron

Quels sont les chantiers prioritaires d'Emmanuel Macron

Elu dimanche président de la République avec 66,1% des suffrages, Emmanuel Macron affirme vouloir agir vite pour réformer la France. Voici ses priorités, telles qu'elles ont été déterminées au terme de sa campagne...

Quels sont les chantiers prioritaires d'Emmanuel Macron
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Moraliser la vie politique, réformer le droit du travail, simplifier la vie des entreprises, réorienter l'Europe, améliorer le système éducatif... Emmanuel Macron a promis pendant sa campagne présidentielle de mettre rapidement en place des réformes d'envergure pour "transformer" la France, créer des emplois et assainir la vie politique de l'hexagone.

Pour pouvoir appliquer son programme, il faudra cependant que le leader d'En Marche (rebaptisé lundi "La République en Marche") obtienne une majorité lors des élections législatives des 11 et 18 juin prochain...

C'est ce que souligne notamment l'agence de notation financière Moody's Investors Service, qui a jugé lundi l'élection de M. Macron "globalement favorable au profil de crédit de la France", dans la mesure où son programme vise à relancer la croissance à moyen terme tout en poursuivant le processus graduel de consolidation de la dette".

Moraliser la  vie publique

Dès le discours prononcé dimanche après sa victoire, Emmanuel Macron a fait de la transparence de la vie publique sa priorité : "le renouvellement de notre vie publique s'imposera à tous dès demain... La moralisation de notre vie publique, la reconnaissance du pluralisme seront dès le premier jour le socle de mon action", a-t-il déclaré.

Après l'affaire qui a entaché la candidature de François Fillon, le futur projet de loi interdira notamment aux parlementaires d'employer des membres de leur famille ou des proches. De plus, les parlementaires ne pourront plus exercer des activités de conseil pendant leur mandat afin d'éviter les conflits d'intérêts.

Enfin, la totalité de leurs rémunérations sera désormais fiscalisée, en particulier l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), qui échappe aujourd'hui à l'impôt.

Réformer le code du travail

Emmanuel Macron ne cache pas son intention de modifier rapidement le code du travail et d'aller plus loin que la loi Travail portée par Myriam El Khomri en 2016. Afin d'aller vite, il compte procéder directement par ordonnance, ce qui a déjà provoqué des réactions hostiles de la part de plusieurs syndicats et de la France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Pour pouvoir légiférer par ordonnances, Emmanuel Macron devra auparavant obtenir le feu vert du parlement, via une loi d'habilitation.

Le nouveau président de la République veut notamment élargir la possibilité de faire primer les accords d'entreprises sur les accords de branche. La loi Travail  permet déjà cette inversion de la hiérarchie des normes, mais uniquement concernant le temps de travail.

Le nouveau président souhaite étendre cette possibilité à d'autres sujets comme le salaire ou les conditions de travail... Il entend aussi encadrer les indemnités perçues aux prud'hommes par les salariés en cas de licenciement abusif. Il veut aussi élargir le recours au référendum d'entreprise, rendu possible par la loi Travail à l'initiative des syndicats. Le nouveau locataire de l'Elysée souhaite permettre aux employeurs d'initier eux aussi ces référendums.

Simplifier la vie des entreprises

Cet autre chantier prioritaire, que le patronat appelle de ses voeux, repose sur deux piliers... D'une part, Emmanuel Macron souhaite instaurer un "droit à l'erreur" pour les entreprises face à l'administration. Ce sera désormais à cette dernière de prouver que l'erreur a été commise intentionnellement, avant de pouvoir sanctionner.

Emmanuel Macron souhaite aussi élargir la règle selon laquelle pour chaque nouvelle norme adoptée, une autre est supprimée. Ce principe inspiré du "One in, one out" anglo-saxon, a été mise en place sous le quinquennat de François Hollande, mais uniquement pour la réglementation issue de l'activité réglementaire du gouvernement, pas pour les lois adoptées par le parlement...

Education et Culture, piliers de "la cohésion même de la Nation"

En matière d'éducation, Emmanuel Macron veut réduire les effectifs à "12 élèves par classe" dans les CP et CE1 dans les zones REP et REP+ (Réseau d'éducation prioritaire). Il projette aussi de laisser aux communes le soin d'organiser le temps périscolaire, et de donner plus d'autonomie aux établissements dans le recrutement des enseignants. Le baccalauréat serait maintenu, mais réduit à quatre épreuves, tandis que la question de la sélection à l'entrée de l'université sera posée...

Enfin, Emmanuel Macron entend, dès la rentrée 2017, permettre aux communes de ne plus appliquer la réforme des rythmes scolaires. Il prévoit aussi un arrêté dès cet été pour le retour des classes bilangues.

Le nouveau président s'est aussi engagé à mieux "reconnaître le rôle des enseignants" en les "rémunérant mieux" et en leur faisant plus confiance.

Une "refondation de l'Europe"

Dimanche soir, Emmanuel Macron est arrivé au Louvre au son de l'Hymne officiel de l'Union européenne, "l'Ode à la joie" de Beethoven. Fervent partisan de la construction européenne, il ne souhaite pas moins réformer l'Europe, ou plutôt la "refonder", pour la rendre plus protectrice pour ses citoyens. Le nouveau président entend ainsi notamment revoir la directive très décriée sur les salariés détachés sur la base du principe "à travail égal, salaire égal".

Il veut  aussi doter la zone euro d'un vrai budget pour réaliser des "investissements d'avenir", "répondre aux crises économiques", et imposer un "socle de droits sociaux". Il entend aussi créer "un fonds européen de défense" et un "Conseil de sécurité européen" afin notamment de lutter contre le terrorisme.

Et sur le plan fiscal ?

Pour les entreprises, Emmanuel Macron a promis de transformer le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisses de charges pérennes. Il souhaite ramener l'impôt sur les sociétés à 25% tout en conservant le taux réduit de 15% pour les PME.

Pour les particuliers, le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu sera reporté, et n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2018, le temps de l'expérimenter... En outre, Emmanuel Macron prévoit de supprimer certaines cotisations salariales, tout en relevant la CSG dans une moindre mesure, ce qui devrait créer un effet net positif sur la fiche de paie des salariés. Une majorité des retraités verraient cependant leur pension être légèrement amputée par la hausse de la CSG.

Le nouveau président souhaite aussi exonérer 80% des Français de la taxe d'habitation. Enfin, l'ISF sera transformé en un impôt sur les actifs immobiliers, excluant désormais tous les placements financiers.

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