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Consultation

Quand les sanctions contre Téhéran bloquent des vaches en Normandie...

Quand les sanctions contre Téhéran bloquent des vaches en Normandie...

Un millier de bovins devaient s'envoler pour l'Iran, mais restent finalement bloqués en France, après la décision de Donald Trump de relancer les sanctions économiques américaines contre Téhéran...

Quand les sanctions contre Téhéran bloquent des vaches en Normandie...

(Boursier.com) — Les sanctions américaines contre Téhéran se font sentir... jusqu'en Normandie ! Un millier de vaches charolaises de la région, qui devaient s'envoler pour l'Iran dans le cadre d'un contrat pour développer l'élevage bovin dans ce pays, vont finalement rester en France.

Le président Donald Trump a prévenu ses alliés qu'ils ne pourraient plus commercer avec les Etats-Unis s'ils continuaient à le faire avec l'Iran... Cette décision, entrée en vigueur mardi, a déjà entraîné le retrait préventif de plusieurs grandes entreprises françaises, comme le transporteur maritime CMA-CGM.

Le constructeur automobile PSA a annoncé avoir commencé la suspension des activités de ses coentreprises sur place et les raffineurs européens, dont Total, se préparent à arrêter leurs achats de pétrole à l'Iran...

Absence de système de protection français

A une bien plus petite échelle, un accord conclu en août 2016 entre un exportateur français et le groupe iranien Seamorgh, premier producteur d'oeufs frais du pays, en vue d'envoyer à terme quelque 20.000 vaches charolaises de Normandie vers Téhéran, voit ses livraisons suspendues.

Pour la sénatrice UDI de l'Orne, Nathalie Goulet, l'une des instigatrices du projet, le blocage de ce contrat de “plusieurs millions d'euros” est la preuve concrète de l'absence de système de protection français ou européen face à l'”extraterritorialité américaine”.

Elle évoque les inquiétudes des banques après les amendes records infligées à BNP Paribas ou au Crédit agricole en 2015 pour rupture d'embargo, mais aussi la réticence d'intermédiaires français soucieux de ne pas heurter des autorités américaines avec lesquelles ils commercent par ailleurs. Second obstacle, l'un des principaux fournisseurs de bovins du contrat, la coopérative Agrial, présente aux Etats-Unis, s'est retirée du projet dans le sillage des annonces de Donald Trump.

Au total, trois livraisons représentant près de mille animaux qui devaient suivre l'essai réussi ont été suspendues, a confirmé Alexandre Wahl, le directeur général de l'agence de développement économique de Normandie, autre soutien du projet. Il n'exclut pas que des moyens de contournement puissent être trouvés à terme. “Toute action de la Commission européenne sera la bienvenue”, souligne-t-il.

"Loi de blocage"

La Commission a activé mardi la “loi de blocage”, dispositif de protection des entreprises européennes contre les sanctions que les Etats-Unis s'apprêtent à réinstaurer contre l'Iran. “La loi de blocage ouvre aux opérateurs de l'UE le droit d'être indemnisés, par les personnes qui en sont à l'origine, de tout dommage découlant des sanctions extraterritoriales imposées par les États-Unis et annule les effets dans l'Union européenne de toute décision de justice étrangère fondée sur ces sanctions”, précise la Commission.

Les exportations agricoles françaises vers l'Iran ont représenté l'an dernier 19,5 millions d'euros, soit 1,3% du total des exports de près de 1,5 milliard d'euros. La France est le 9ème fournisseur de l'Iran à l'échelle mondiale et son deuxième partenaire commercial au sein de l'Union européenne, derrière l'Italie et devant l'Allemagne, selon les derniers chiffres de la direction générale du Trésor...

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