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Quand Conforama supprime 1.900 postes, Amazon en crée 1.800...

Quand Conforama supprime 1.900 postes, Amazon en crée 1.800...

L'enseigne d'ameublement a confirmé mardi un plan de restructuration drastique, qui prévoit 1.900 suppressions de postes d'ici à 2020. Dans le même temps, le géant du e-commerce Amazon va créer 1.800 postes cette année en France...

Quand Conforama supprime 1.900 postes, Amazon en crée 1.800...
Crédit photo © Reuters / Regis Duvignau

(Boursier.com) — C'est une annonce-choc que la direction de Conforama a confirmée mardi. 32 magasins Conforama et 10 magasins de l'enseigne Maison Dépôt seront fermés en 2020, avec à la clé 1.900 suppressions de postes, soit plus de 20% des 9.200 salariés du groupe en France...

Mutations profondes du secteur

Ce plan répond à la "nécessité pour Conforama de réduire ses pertes et revenir à l'équilibre", a expliqué la direction du groupe dans un communiqué. L'enseigne a dû faire face aux "mutations profondes du secteur de la distribution et plus particulièrement celui de la distribution spécialisée", à quoi s'ajoutent une concurrence exacerbée et des modes de consommation qui évoluent rapidement, poursuit le groupe.

Cette annonce tombe au moment où le géant américain du commerce en ligne Amazon annonce la création de 1.800 emplois dans l'Hexagone en 2019. Les effectifs d'Amazon seront ainsi portés à plus de 9.300 personnes d'ici à la fin de l'année en France, son 3ème marché en Europe, après le Royaume-Uni et l'Allemagne.

"Les magasins traditionnels font face effectivement à une transformation très profonde", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, à Sud-Radio. "Et c'est vrai que la coïncidence des deux chiffres, 1.800 recrutements chez Amazon, 1.900 suppressions d'emplois chez Conforama, montre bien cette transformation."

Mis en vente par le sud-africain Steinhoff

L'enseigne d'ameublement Conforama est une filiale du groupe sud-africain Steinhoff, en pleine tourmente financière et judiciaire après avoir admis fin 2017 des irrégularités comptables.

Steinhoff a mis en vente sa filiale française à la suite des ces déboires, et le personnel de Conforama s'inquiétait pour l'emploi depuis des mois, même si la direction avait écarté en mars dernier l'hypothèse d'un plan social "à date". En février, la presse avait cité But comme possible candidat au rachat de Conforama, le groupe Fnac Darty n'étant de son côté pas intéressé par le dossier.

Toute cession semble désormais conditionnée à une profonde restructuration, Conforama ayant affiché en France des pertes de l'ordre de 100 millions d'euros en 2018.

Un nouveau CCE prévu le 11 juillet

Dans le détail, 1.050 emplois seraient supprimés dans les 32 magasins Conforama qui doivent fermer, 100 dans les boutiques Maison Dépôt, ainsi que 600 suppressions de postes dans les 164 magasins Conforama restant ouverts, 124 suppressions au siège social et 26 au service après-vente, ont précisé des sources syndicales à l'agence 'AFP'.

Interrogée par l''AFP', la direction n'a souhaité faire aucun commentaire, ajoutant que "toute mesure qui aurait des conséquences sur l'emploi pour Conforama en France sera communiquée en priorité aux instances représentatives du personnel". Un nouveau CCE sur ce plan est déjà programmé le 11 juillet prochain...

Agnès Pannier Runacher a fait valoir que la situation de Conforama et de ses 14.000 salariés, dont 9.000 salariés français, était "particulière"... "La maison mère est une société sud-africaine qui vient de traverser beaucoup de difficultés qui n'ont rien à voir avec Conforama, mais dont Conforama paye un peu les pots cassés", a dit la secrétaire d'Etat. "On les a accompagnés pour éviter la cessation de paiement ces deux dernières années ; aujourd'hui le pouvoir a été repris par les créanciers", a ajouté Agnès Pannier-Runacher, pour qui Conforama reste malgré tout "une très grande enseigne".

Réduire le plan social

L'objectif du gouvernement est maintenant d'essayer de réduire le plan social et de s'assurer qu'un maximum de personnes pourront retrouver un emploi, a-t-elle encore dit. "Donc on sera extrêmement attentif à ça avec les équipes de la ministre du Travail Muriel Pénicaud." De façon plus générale, les commerces traditionnels sont en train de basculer vers le numérique, a-t-elle souligné...

"Dans les cinq ans qui viennent, il est absolument indispensable, pour les indépendants comme pour les grandes enseignes, d'avoir a minima un canal de communication sur internet pour pouvoir attirer les clients", a poursuivi la secrétaire d'Etat. "Il faut absolument accompagner les commerçants. C'est ce qu'on fait."

"C'est une transformation des emplois (...) avec un risque de casse sociale et c'est pour ça qu'on est extrêmement attentif à pousser les entreprises à anticiper ces situations", a-t-elle conclu. "Le magasin physique a de l'avenir mais il doit transformer sa façon d'accueillir le client et il doit avoir nécessairement une continuité en ligne."

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