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Projet d'union bancaire européenne : pourquoi ça coince...

Projet d'union bancaire européenne : pourquoi ça coince...

L'Allemagne, des Pays-Bas et de la Finlande remontent au créneau

Projet d'union bancaire européenne : pourquoi ça coince...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La situation européenne reste tendue ce mercredi matin sur les marchés après la publication d'un communiqué commun de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Finlande au sujet de l'union bancaire européenne... Ce texte semble en effet remettre en cause l'essentiel de ce qui avait été convenu lors du sommet européen de juin dernier en matière de recapitalisation directe des banques en difficulté... Publié à l'issue d'une réunion des ministres des Finances des trois pays à Helsinki, le texte précise que le futur Mécanisme européen de stabilité (MES) ne pourrait recapitaliser le secteur bancaire que dans le futur, et non pas gérer les situations actuelles issues de la crise en cours... Or, l'union bancaire, couplée à des rachats d'obligations d'Etat sous conditions annoncés début septembre par la BCE, est pourtant considérée comme un élément clé pour sauver l'Euro et rétablir la confiance des marchés financiers...

Urgence
Le FMI et d'autres grands pays européens, menés par la France et l'Espagne, jugent d'ailleurs très urgente la création de cette union bancaire : François Hollande a évoqué le sujet samedi dernier lors de sa rencontre avec Angela Merkel, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a appelé dimanche dans un discours à Washington les pays européens à agir plus rapidement pour concrétiser leur plan anticrise mis au point en juin dernier... Mme Lagarde doit rencontrer aujourd'hui à huis clos la chancelière allemande, qui s'est déjà entretenue hier en privé avec Mario Draghi, le président de la BCE, sans qu'aucune information ne filtre sur le contenu de leurs discussions...

Hollande veut aller vite, pas Merkel !
Rappelons que François Hollande et Angela Merkel ont ouvertement affiché leurs divergences sur ce projet d'union bancaire à l'occasion de leur rencontre en Allemagne le week-end dernier... Le président de la République est favorable à la mise en place d'une supervision bancaire en Europe "le plus tôt possible" pour casser l'interdépendance entre les banques et les gouvernements endettés, tandis que la chancelière insiste pour se donner le temps. "Je suis pour l'union bancaire... C'est une étape très importante par rapport aux objectifs qui sont les nôtres", a ainsi expliqué François Hollande. "Nous pouvons le faire par stades successifs et le plus tôt sera le mieux..." Ce à quoi Angela Merkel a répondu : "Pour nous, ce qui est important, c'est que la qualité soit assurée... Cela ne sert à rien de faire quelque chose trop vite, qui ne fonctionne pas !".

6.000 banques
Alors que Paris plaide pour une supervision de la totalité des 6.000 banques de la zone euro, Berlin souhaite la limiter aux grands établissements systémiques. Rappelons que Bruxelles avait dévoilé la semaine dernière son projet d'union bancaire, lors d'une session au Parlement européen par la voix de son président Jose Manuel Barroso : "C'est un saut quantique - un tremplin vers une union bancaire" avait-il expliqué. Le projet prévoit ainsi que la Banque centrale européenne assume ainsi la supervision de toutes les banques de l'Union, et pas seulement des plus importantes, alors que c'est là le souhait de Berlin... "La supervision doit pouvoir s'appliquer partout car les risques systémiques peuvent se loger partout !", avait déclaré Jose Manuel Barroso.

Une fédération d'Etats-nations
Le projet de la Commission inclut trois étapes : d'abord l'octroi des pouvoirs de surveillance à la BCE pour toutes les banques de la zone euro et pour celles, dans l'Union européenne mais hors zone euro, qui le souhaitent, ensuite l'établissement d'un fonds pour fermer les banques faillies. Bruxelles propose enfin la mise en place d'un mécanisme pour protéger les dépôts des citoyens dans toute la zone euro.

Une fédération d'Etats-nations
Le président de la Commission européenne a par ailleurs plaidé pour la mise en place d'une fédération d'Etats-nations, passant par un nouveau traité européen. "Une véritable union économique et monétaire en profondeur peut être engagée dans le cadre des traités actuels, mais ne pourra être menée à bien qu'avec un nouveau traité", avait ajouté Barroso...

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