Prix des carburants : vers un geste des distributeurs ?

Prix des carburants : vers un geste des distributeurs ?

La ministre de la Transition écologique leur demande de réduire leurs marges. Impossible, répond le représentant des propriétaires indépendants de stations-service.

Prix des carburants : vers un geste des distributeurs ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que les prix des carburants s'envolent à la pompe, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a "demandé aux distributeurs de faire un geste dans cette période difficile, en réduisant leurs marges. "Je me réserve la possibilité de les réunir en cas de besoin", a-t-elle annoncé lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Il faut dire que la note est salée. La semaine achevée le 8 octobre, le litre de gazole s'est affiché en moyenne nationale à 1,5354 euro (+3,8 cts en une semaine), selon les données hebdomadaires du ministère de la Transition écologique publiées lundi. Le précédent record remontait à octobre 2018 au début de la crise des gilets jaunes. Rappelons que le gazole reste le carburant le plus vendu en France, avec environ 80% des volumes...

Une demande réaliste ?

Les distributeurs peuvent-ils répondre à la demande de la ministre ? Michel-Edouard Leclerc s'est dit prêt à rogner ses marges pour réduire les prix à la pompe mais seulement si l'Etat commence par baisser ses taxes sur le carburant. "Il n'y a pas beaucoup sous le pied aujourd'hui pour baisser nos marges puisqu'on est déjà pratiquement à prix coûtant", a répondu le président du comité stratégique des distributeurs E.Leclerc, sur RMC.

"C'est absolument impossible", estime de son côté Francis Pousse, le président national des propriétaires-exploitants de stations-service au Conseil national des professions de l'automobile (CNPA), interrogé sur franceinfo. Les marges moyennes dans les stations-service que je représente sont de l'ordre de 0,7 à maximum 2 centimes nets sur un litre de carburant vendu. Le carburant, on a toujours une même marge, quel que soit le prix d'affichage. Donc, on est absolument incapable de malheureusement lâcher un peu. Et imaginez même, si on décidait de baisser d'un demi centime, l'impact est tout à fait dérisoire", explique-t-il.

Baisse de la TVA

"Chaque fois qu'il y a des hausses de carburants, les gens cherchent des solutions alternatives. Le covoiturage par exemple, les transports en commun. Certaines de nos stations, en particulier en zones rurales, ne peuvent pas afficher des prix aussi concurrentiels que les grandes surfaces", selon Francis Pousse.

Il rappelle que la plus grosse partie du prix du carburant vient de la TICPE, la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques et de la TVA. "Aujourd'hui sur un litre de gazole, c'est à peu près 85 à 90 centimes par litre qui rentrent dans les caisses de l'Etat. S'il y a un effort à faire, c'est par exemple sur une baisse de la TVA. Je ne vois pas d'autres solutions si on veut rendre le carburant plus abordable", avance-t-il...

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