Prix de l'énergie : comment va fonctionner le "bouclier tarifaire" annoncé par Jean Castex ?

Prix de l'énergie : comment va fonctionner le "bouclier tarifaire" annoncé par Jean Castex ?

Le Premier ministre a annoncé jeudi soir un gel des tarifs réglementés du gaz, après la hausse d'octobre, ainsi qu'un plafonnement à 4% de la hausse des prix de l'électricité via une forte baisse de la fiscalité.

Prix de l'énergie : comment va fonctionner le 'bouclier tarifaire' annoncé par Jean Castex ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que les prix de l'énergie flambent en France et dans le monde, le Premier ministre Jean Castex a dévoilé jeudi soir des mesures très attendues pour limiter les effets de la flambée des prix sur le pouvoir d'achat...

Invité du journal de 20h de TF1, le Premier ministre a présenté un "bouclier tarifaire", consistant en un gel des tarifs réglementés du gaz pour les sept prochains mois, ainsi qu'un plafonnement de la hausse des prix de l'électricité à 4% pour le consommateur jusqu'en février 2023, via une forte baisse d'impôt...

La hausse de 12,6% du gaz en octobre du gaz sera "la dernière" !

Face à la flambée des prix, Jean Castex a annoncé le blocage de "l'augmentation du prix du gaz" jusqu'au mois d'avril 2022, même si la nouvelle hausse de 12,6% à compter du 1er octobre "va être appliquée", mais "c'est la dernière", a-t-il assuré...

"Nous avons à gérer une période délicate, une bosse. Nous allons donc bloquer les prix du gaz, j'ai ce pouvoir. A partir d'avril, d'après les experts, le prix du gaz devrait dégringoler, le tout c'est que pour les consommateurs de gaz, la hausse soit moins forte avec la baisse dans les mois à venir", a expliqué le chef du gouvernement. Sans ce gel tarifaire, le mouvement de hausse se serait poursuivi, avec une nouvelle hausse estimé à 30% pour les tarifs réglementés du gaz au cours des deux derniers mois de 2021...

Le gouvernement prévoit ensuite de profiter de la chute attendue des prix à partir du printemps 2022 pour "rattraper" les hausses sur un an à partir de mai, en les répartissant sur une période plus longue...

Hausse de l'électricité limitée à 4% en 2022

Pour l'électricité, le gouvernement veut plafonner la hausse des prix à 4% sur une période allant de février 2022 à février 2023. Ce "bouclier" doit permettre de contrer une flambée des prix qui aurait pu atteindre 12% le 1er février prochain, selon les estimations données par la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, jeudi sur CNews. Ce plafonnement va bénéficier aux abonnés du tarif bleu d'EDF, soit 70% des ménages...

La mesure sera financée par une baisse de la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité (TICFE) qui pèse sur la facture des abonnés, ce qui représentera un manque à gagner d'environ 4 milliards d'euros pour le budget de l'Etat.

Un manque à gagner de 4 MdsE pour l'Etat, mais qui devrait être compensé

Mais l'exécutif espère que ce cadeau fiscal sera compensé par des recettes et des économies attendues par ailleurs : 2 MdsE d'économies sur le financement des énergies renouvelables, grâce à la hausse des cours de l'électricité, ainsi que 600 millions de recettes supplémentaires de TVA sur l'énergie.

En outre, l'Etat attend une amélioration des résultats d'EDF, ce qui permettra d'engranger davantage d'impôt sur les sociétés ainsi que des dividendes accrus pour l'Etat-actionnaire.

Un nouveau coup de pouce sur le chèque-énergie pas exclu

Anticipant la hausse des prix de l'énergie, le gouvernement avait annoncé le 15 septembre une revalorisation exceptionnelle de 100 euros du chèque-énergie qui bénéficie à près de 6 millions de ménages modestes. Mais face à l'ampleur des hausses de prix à venir, le gouvernement a été contraint de prendre d'autres mesures pour contrer la flambée de la facture énergétique de l'ensemble des Français.

Le Premier ministre n'a d'ailleurs pas exclu une nouvelle revalorisation du chèque-énergie. "C'est versé au mois d'avril chaque année, en moyenne 150 euros. Cela, ça reste. Nous faisons un effort supplémentaire, avec 100 euros en décembre", a-t-il rappelé. Et "si les mesures que nous prenons ne sont pas suffisantes, nous le revaloriserons", a-t-il assuré. "Je suis quelqu'un de pragmatique", a ajouté le Premier ministre.

Le pouvoir d'achat est devenu la première préoccupation des Français

A moins de sept mois de la présidentielle, le sujet de la facture énergétique est devenu explosif pour le gouvernement. Ainsi, selon un sondage Opinionway pour 'Les Echos', publié jeudi, la thématique du pouvoir d'achat est ainsi placée "parmi les enjeux qui compteront le plus" par 48% des personnes interrogées (qui pouvaient en citer plusieurs).

La sécurité (46%) et la protection sociale (43%) arrivent ensuite, alors que l'emploi, qui était la principale préoccupation avant l'élection présidentielle de 2017, n'arrive cette fois qu'en 7e place des enjeux (33%).

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