"Pratiques trompeuses" : les influenceurs ciblés par la répression des fraudes

"Pratiques trompeuses" : les influenceurs ciblés par la répression des fraudes

Ces nouvelles stars des réseaux sociaux sont nombreuses à vendre des compléments alimentaires, des programmes "minceur", ou encore des services de trading ou de paris en ligne. Mais sans respecter les règles...

'Pratiques trompeuses' : les influenceurs ciblés par la répression des fraudes
Crédit photo © iStock

(Boursier.com) — Les influenceurs ne jouent pas le jeu, selon la DGCCRF !... La répression des fraudes enquête sur une soixantaine d'entre eux depuis 2021, et selon ses conclusions, ils sont six sur dix à ne pas respecter la réglementation sur la publicité et les droits des consommateurs. Elle a ainsi engagé plusieurs procédures pour rappeler à l'ordre, voire sanctionner les fautifs...

Alors que les marques font de plus en plus appel à ces "stars des réseaux sociaux", les services de la DGCCRF observent qu'ils sont actifs dans la promotion de produits et services tels que les compléments alimentaires, les programmes "minceur", les cosmétiques, ou encore les services de trading ou de paris en ligne. Les contrôles ont notamment visé des personnalités "disposant d'un nombre très significatif d'abonnés ou faisant l'objet de signalements par les consommateurs".

Des consommateurs abusés

Dans le détail, la totalité des influenceurs en anomalie ne respectent pas les règles relatives "à la transparence du caractère commercial de leurs publications". Parmi eux, certains ont également trompé les consommateurs sur les propriétés des produits vendus (fausses allégations anti-covid, produits bio ou naturels qui ne l'étaient pas...) ou ont promu des produits ou services risqués, notamment dans le domaine des paris sportifs, en s'affranchissant des règles encadrant ces produits.

Dans les cas les plus graves, certains influenceurs ont réalisé des opérations de promotions non autorisées, comme celle de l'utilisation du compte de formation professionnelle (CPF) pour récupérer des espèces ou des cadeaux, et donc détourner de l'argent dédié à la formation, ou celle d'injections à visée esthétique par des esthéticiens et des non professionnels de santé, pratique qui n'est pas dénuée de risque pour la santé.

Enfin, certains influenceurs pratiquant le "dropshipping" (ou "livraison directe", une vente sur internet dans laquelle le vendeur ne se charge que de la commercialisation et de la vente du produit) en oublient les règles associées, notamment, dans ce cas, leurs obligations en tant que vendeur vis-à-vis des consommateurs...

Des peines sévères

Les pratiques trompeuses, comme le fait de masquer le caractère commercial d'une publication, peuvent en effet être punies de deux ans d'emprisonnement et jusqu'à 300.000 euros d'amende. Les pratiques des influenceurs donnent également lieu à mesures d'injonction en cessation, dont le non-respect est également passible d'une sanction. Ces suites peuvent enfin être assorties de mesures de publicité informant le grand public des faits constatés et des suites données...

Il y a quelques jours, le gouvernement a annoncé l'ouverture d'une consultation publique pour définir "un code de bonne conduite". Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé à participer "au maximum" à la concertation "pour mieux accompagner et encadrer les influenceurs". Selon lui, ils sont 150.000 en France...

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