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Pourquoi les fonctionnaires veulent suspendre la réforme de l'Etat

Pourquoi les fonctionnaires veulent suspendre la réforme de l'Etat

Ils réclament la création d'emplois statutaires, ainsi qu'une revalorisation salariale, et disent engager "d'ores et déjà diverses initiatives"...

Pourquoi les fonctionnaires veulent suspendre la réforme de l'Etat
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les syndicats de fonctionnaires réclament la suspension du projet de loi sur la Fonction publique prévoyant notamment un recours accru aux contractuels, que le gouvernement compte leur présenter mercredi malgré un contexte social explosif...

Dans une lettre adressée au Premier ministre, huit des neuf organisations représentatives de la Fonction publique appellent à suspendre ce texte le temps de connaître l'issue du "grand débat national" lancé pour tenter de sortir de la crise des "Gilets jaunes", où la réorganisation de l'Etat est abordée.

Plutôt que d'élargir le recours aux contractuels, comme le prévoit le projet de loi, elles réclament la création d'emplois statutaires, ainsi qu'une revalorisation salariale, et disent engager "d'ores et déjà diverses initiatives". Le projet de loi prévoit aussi une simplification des instances de représentation du personnel, un accompagnement renforcé des mobilités des agents dans la fonction publique et le privé, ainsi qu'une individualisation de la rémunération.

"Grande rigidité"

"Le cadre actuel de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique pâtit d'une grande rigidité, avec une gestion trop centralisée", peut-on lire dans le dossier de presse du deuxième comité interministériel de la transformation publique (CITP). "Nous nous engageons à bâtir un nouveau contrat social pour mieux responsabiliser, libérer les marges de manoeuvre et transformer les pratiques managériales."

Cette réforme s'inscrit dans le cadre de la grande transformation de l'action publique qui doit permettre de diminuer le niveau de dépenses de trois points de PIB à l'horizon de 2022. Emmanuel Macron s'est notamment fixé pour objectif de supprimer 50.000 postes dans la fonction publique d'Etat et 70.000 postes dans la fonction publique territoriale d'ici 2022, par non-renouvellement des départs.

Si le chef de l'Etat a affiché en début d'année sa détermination a poursuivre son train de réformes, certains ministres remettent en question l'urgence de la présentation du projet de loi sur la fonction publique dans le climat actuel...

Les syndicats partagés

Le gouvernement souhaite présenter le texte devant le conseil des ministres à la fin mars pour une adoption au Parlement avant l'été. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt a assuré que le "grand débat", qui se terminera à la mi-mars, pourrait "nourrir" le projet de loi. Les syndicats sont encore partagés sur les actions à mener.

Force ouvrière, qui ne fait pas partie de l'intersyndicale, a organisé une série de manifestations sur le thème des services de proximité. La CGT Fonction publique avait pour sa part participé à la journée de grève nationale de sa confédération le 5 février. Les autres organisations attendent de connaître le contenu du projet de loi...

"Est-ce qu'on veut partir dans une action ? Je n'en sais rien car nous avons beaucoup de difficultés à être suivis", a déclaré à Reuters Luc Farré, le secrétaire général de l'Unsa Fonction publique. "Si c'est pour appeler à faire grève, mais que personne n'est derrière, c'est compliqué".

©2019,

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