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Pourquoi François Fillon redoute un "accident financier grave"...

Pourquoi François Fillon redoute un "accident financier grave"...

L'ancien Premier ministre dévoile ses propositions chocs pour économiser 110 MdsE...

Pourquoi François Fillon redoute un 'accident financier grave'...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — On se souvient de sa formule choc sur "l'Etat en faillite" en 2007... François Fillon récidive, en estimant cette fois que la France est  "à la veille d'un accident financier grave" ! Dans un entretien publié par 'Les Echos', l'ancien Premier ministre UMP dévoile un plan d'économies de 110 milliards d'euros sur 5 ans, impliquant notamment une réduction de 600.000 fonctionnaires, la retraite à 65 ans et la hausse de la TVA de 3,5 points !

Alors que la dette française vient de dépasser le seuil symbolique des 2.000 milliards d'euros, et que le budget 2015 est présenté aujourd'hui en Conseil des ministres, l'ancien premier ministre UMP  prévient que cette "bulle" de la dette n'est pas durable, et ajoute : "je crains que la France ne soit à la veille d'un accident financier grave qui pourrait faire éclater la zone euro".

"Ce n'est pas de l'austérité" !

Face à cette situation, l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy estime qu'il faut aller beaucoup plus loin que le gouvernement actuel, qui prévoit de réduire les dépenses publiques de  50 milliards d'euros sur trois ans (dont 21 MdsE en 2015). Le plan de François Fillon atteindrait 110 MdsE d'économies sur cinq ans, réparties à 50/50 entre d'une part l'Etat et les collectivités territoriales, et d'autre part  la sphère sociale. Réaliser ces efforts, "ce n'est pas de l'austérité, mais de la gestion responsable", ajoute-t-il.

L'un des principaux objectifs de ce plan serait de réduire les effectifs de la fonction publique de 600.000 postes en cinq ans et de relever le temps de travail de 35 à 39 heures hebdomadaires. Il propose aussi un référendum sur la fusion des régions et des départements, des communes et des intercommunalités, ainsi que sur la réduction du nombre de parlementaires.

Pas d'effet récessif ?

Dans la fonction publique, la baisse des effectifs serait réalisée grâce à la hausse du temps de travail, au retour au non-remplacement de certains départs en retraite et à la réduction du taux de réembauche. Le recrutement de contractuels serait aussi facilité afin de limiter le recrutement de fonctionnaires pour certaines missions. En contrepartie, les salaires des fonctionnaires seraient revalorisés, précise l'ancien Premier ministre.

Interrogé sur l'éventuel effet récessif de ce type de réformes, il "réfute l'argument selon lequel il y aurait une corrélation entre mesures d'économies et effet récessif sur la croissance". Pour lui, "c'est un alibi pour ne pas faire de réformes. Tous les pays qui ont fait des plans d'économies massifs dans le passé, comme le Canada et la Suède, ont, dans la foulée, connu de fortes croissances."

Retraite à 65 ans

Pour s'attaquer à la dérive des comptes sociaux, François Fillon préconise de porter l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans et d'abandonner le système de compensation de la pénibilité. Il entend aussi harmoniser tous les régimes de retraite, créer un étage de retraite par capitalisation et, à terme, mettre en place un régime de retraite par points.

Au chapitre de l'indemnisation du chômage, le responsable UMP propose d'introduire une dégressivité des indemnités chômage et de réformer en profondeur la formation professionnelle. Enfin, afin de réduire les dépenses de santé, François Fillon veut restreindre l'aide médicale d'Etat aux étrangers, en la transformant en un dispositif d'exception, qui serait déclenché à la demande du patient, et non automatiquement.

Une hausse de 3,5 points de la TVA ?

François Fillon propose aussi de réduire la fiscalité, en particulier celle des entreprises, avec une baisse de charges de 50 milliards d'euros, financée par une hausse de 3,5 points des deux taux supérieurs de la TVA. Il prévoit aussi la suppression de diverses taxes (versement transport, apprentissage, etc...), la baisse du taux de l'impôt sur les sociétés, la suppression de la taxe à 75% instaurée par François Hollande en 2012. Il supprimerait aussi l'Impôt de Solidarité sur la Fortune et les droits de mutation. Côté ménages, il envisage une réforme du barème de l'impôt sur le revenu et un élargissement de son assiette...

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