»
»
»
Consultation

Pôle emploi : les escroqueries coûtent cher !

Pôle emploi : les escroqueries coûtent cher !

L'organisme social a versé près de 33 milliards d'allocations d'assurance et de solidarité chômage...

Pôle emploi : les escroqueries coûtent cher !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — 58,7 millions !... C'est le montant de la fraude subie par Pôle emploi en 2013. Une somme à comparer aux 41,8 millions détectés et donc évités, selon les chiffres révélés par 'Le Parisien'. En cause, des chômeurs qui ne déclarent pas leur période d'activité ou qui gonflent leurs salaires pour toucher davantage, alors que l'organisme social gère les dossiers de 3,3 millions de personnes, selon le ministère du Travail, et a versé près de 33 milliards d'allocations d'assurance et de solidarité chômage l'an dernier...

Des moyens insuffisants ?

En 2012, la fraude subie s'était limitée à 39,3 millions d'euros, pour 37 millions évités. Les chiffres sont donc en nette hausse, mais Pôle emploi y voit le signe que la détection est de plus en plus efficace. Réjane Biolet, la directrice prévention et lutte contre la fraude à Pôle emploi, explique au 'Parisien' que "neuf auditeurs au niveau national et près de 150 en région" sont chargés de détecter la fraude.

Ces moyens sont-ils suffisants ? Quand un chômeur ouvre un dossier, les conseillers Pôle emploi sont chargés uniquement de vérifier leur attestation d'employeur, leur RIB, et leur pièce d'identité, depuis 2008. "Le conseiller en agence n'a pas pour mission d'appeler l'entreprise censée avoir employé un chômeur. Lorsque vous recevez plusieurs dizaines de dossiers par jour, comment voulez-vous faire ?", interroge Réjane Biolet.

La Cour des comptes veille

A propos des lacunes en termes de détection des faux documents, elle estime qu'il serait "dommage de faire peser des délais de vérification supplémentaires sur l'immense majorité des chômeurs qui ne fraudent pas à cause d'une petite frange de fraudeurs". Elle rappelle que 614 plaintes ont été déposées en 2013, dont 236 au pénal.

Sanction "plus efficace" et "plus rapide"

La Cour des comptes a rappelé à l'ordre Pôle emploi dans son rapport annuel publié il y a quelques semaines. Selon les Sages, l'organisme a accompli des efforts, mais la politique de prévention mérite d'être renforcée. Ils recommandent notamment de rendre la sanction "plus efficace" et "plus rapide", soulignant que le taux de saisine des juridictions pénales en cas de fraude lourde est trop faible (7,5% seulement en 2012, contre 13,6% en 2009). De même, le nombre de sanctions prononcées par les préfets - suspension des droits à l'indemnisation et pénalités administratives - est insuffisant au regard des dossiers transmis.

©2014-2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com