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Plan d'urgence pour les hôpitaux : une déception pour les blouses blanches ?

Plan d'urgence pour les hôpitaux : une déception pour les blouses blanches ?

Le porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France (AMUF), Christophe Prudhomme, parle de mesures "intéressantes", mais très loin des 4 milliards réclamés pour l'hôpital en 2020...

Plan d'urgence pour les hôpitaux : une déception pour les blouses blanches ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le gouvernement a dévoilé mercredi son plan d'urgence en faveur des blouses blanches. L'Etat va reprendre 10 milliards d'euros de dette des hôpitaux français sur trois ans à partir de 2020, a annoncé mercredi Edouard Philippe.

L'objectif, "c'est de permettre à l'hôpital public de regagner des marges de manoeuvres (...) pour faire en sorte qu'il fonctionne mieux, pour faire en sorte que ceux qui le font vivre puissent avoir des perspectives", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse.

La dette des hôpitaux publics, qui s'élève à 33 milliards d'euros selon l'Insee, a augmenté de 40% en dix ans, tandis que l'investissement hospitalier a été divisé par deux sur la même période.

Le budget de l'assurance maladie pour les hôpitaux augmentera ainsi de 1,5 milliard d'euros supplémentaires sur les trois prochaines années, dont 300 millions dès 2020, a précisé le Premier ministre. Les dépenses hospitalières devraient donc augmenter de 2,4% l'an prochain contre une hausse de 2,1% initialement prévue...

Cette enveloppe supplémentaire permettra de financer notamment une prime annuelle de 800 euros pour les infirmiers et aides-soignants de la région parisienne gagnant moins de 1.950 euros nets par mois ainsi qu'une prime mensuelle de 100 euros pour les aides-soignants formés à la prise en charge des personnes âgées.

Sur les trois prochaines années, 150 millions d'euros seront également fléchés vers l'investissement courant pour répondre au besoin d'investissement quotidien des hôpitaux.

Recrutement simplifié

Les modalités de recrutement seront également simplifiées afin de réduire les délais et permettre les remplacements en cas de vacance de poste.

Des campagnes de contrôle seront finalement lancées fin 2019 au sujet de l'intérim, qui coûte très cher au système de santé et s'est déployé depuis plusieurs années dans des conditions "devenues insoutenables", selon la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Quelles réactions ?

"Les annonces sont extrêmement médico-centrées et semblent chercher à diviser Paris et les régions ainsi que les spécialités", a déclaré à l'agence de presse Reuters Orianne Plumet, vice-présidente du collectif Inter-Urgences, qui regrette qu'il n'y ait rien "en termes d'effectifs et d'ouverture de lits d'hospitalisation".

Le porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France (AMUF), Christophe Prudhomme, parle de mesures "intéressantes" mais très loin des 4 milliards réclamés pour l'hôpital en 2020. La secrétaire générale de la CGT Santé, Mireille Stivala, estime, pour sa part, que ces mesures vont "susciter une énorme déception et le sentiment d'être encore méprisé".

Nouvelle mobilisation mi-décembre

Ces organisations envisagent d'ores et déjà une journée de mobilisation à la mi-décembre, a précisé Mireille Stivala. Elles prendront par ailleurs une série d'initiatives le 30 novembre pour faire connaître leur action auprès des professionnels et du grand public.

Née le 18 mars dernier à l'hôpital parisien Saint-Antoine à la suite d'un acte de violence envers des soignants, la contestation s'est étendue depuis à tout le pays. Selon le collectif Inter-Urgences, 268 services d'urgences sur 650 étaient en grève le 11 novembre dernier.

Le gouvernement a présenté à trois reprises - en juin, le 2 septembre et le 9 septembre - une série de dispositions, sans parvenir jusqu'à présent à éteindre la colère...

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