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Consultation

Pétrole : le prix du baril a été divisé par deux en 2014

Pétrole : le prix du baril a été divisé par deux en 2014

La baisse des prix de l'énergie devrait profiter aux consommateurs et aux entreprises mondiales...

Pétrole : le prix du baril a été divisé par deux en 2014
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le pétrole s'est invité en fin d'année comme l'un des acteurs les plus marquants de 2014 pour l'économie mondiale et les marchés financiers. En six mois, le cours de l'or noir a ainsi été divisé par deux, retombant au plus bas depuis plus de 5 ans... Le prix du baril de brut a ainsi décroché à partir de l'été, plombé par une surproduction mondiale, avant de s'effondrer à partir du 27 novembre, date à laquelle l'OPEP a décidé de ne pas prendre de mesures pour soutenir les cours du brut...

Plus forte chute du pétrole depuis la crise de 2008

Mercredi, le baril de brut léger américain WTI est resté sous la barre des 53$, à 52,95$, soit la moitié de son cours de juin dernier d'environ 107 dollars. Quant au Brent de la Mer du Nord, il a subi le même sort, plongeant à 56,08$ ce mercredi contre environ 115$ en juin... Le cours du pétrole n'avait pas connu une telle dégringolade depuis 2008, année où le baril avait abandonné ses plus hauts historiques (vers 150 dollars pour le WTI), pour retomber brièvement à moins 40$ en décembre 2008, sous l'effet dévastateur de la crise financière des crédits "subprimes"...

Tout au long de 2014, les économistes n'ont cessé de revoir en baisse les prévisions de demande mondiale de pétrole, à mesure que la Chine confirmait le ralentissement de sa croissance et que l'Europe ne parvenait pas à sortir de son marasme... Dans le même temps, les stocks pétroliers des Etats-Unis se sont gonflés pour s'établir à la mi-décembre à environ 13% au-dessus de leur niveau moyen de fin d'année sur les 5 dernières années, selon les données de l'agence de l'information américaine sur l'énergie (EIA).

Brut saoudien contre pétrole de schiste américain

Quant à l'offre de pétrole, elle est restée élevée en 2014, d'autant que les Etats-Unis ont continué d'augmenter leur production de pétrole et de gaz de schiste, dont leurs sols regorgent, au grand dam des pays exportateurs de l'OPEP... Ces derniers, menés par l'Arabie saoudite, voient d'un mauvais oeil cette nouvelle concurrence, qui menace leur part du marché mondial, qui s'est déjà érodée en une décennie de 40% à environ 33%.

Dans ces conditions, on comprend mieux la décision surprise de l'OPEP, le 27 novembre dernier, de ne pas réduire ses quotas de production (fixés à 30 millions de barils par jour), quitte à engager une véritable guerre des prix pour le maintien de ses parts de marché. Le ministre saoudien du pétrole a même estimé la semaine passée que son pays refuserait de tailler dans sa production, même si les prix tombaient jusqu'à 20$ !

Prix plancher

Dans ce contexte, les économistes peinent à déterminer un prix plancher pour l'or noir... Début décembre, les analystes de Bank of America estimaient dans une étude que les cours du pétrole WTI pourraient tomber jusqu'à 50 dollars, un niveau dont ils approchent désormais. BofA ne prévoyait pas de redressement des prix avant le deuxième semestre 2015, compte-tenu du temps nécessaire pour éponger la surproduction mondiale, estimée actuellement à 2 millions de barils par jour par le Qatar.

Au passage, le courtier prévoyait une vague de défaillance parmi les acteurs les moins solides du secteur pétrolier, dans les pays émergents, mais aussi aux Etats-Unis... Après cette violente correction, la banque envisageait un rebond vers les 80$, voire les 90$, au cours du second semestre 2015.

Il reste que cette réorganisation en profondeur du marché pétrolier devrait profiter à l'économie mondiale, sous la forme de coûts énergétiques moins élevés pour les entreprises, comme pour les consommateurs. En France, le prix du gazole est revenu à 1,107 euro le litre en moyenne ce lundi, en baisse de 17,7% depuis le début 2014, tandis que le sans plomb 95 est tombé à 1,289 euro le litre, en recul de 14,9% sur l'année, selon le site 'Carbeo.com'.

Une bonne nouvelle pour l'économie mondiale

Le 1er décembre dernier, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a qualifié la baisse des prix de "bonne nouvelle pour l'économie mondiale", soulignant qu'un déclin de 30% des prix du brut donnerait un coup de pouce de 0,8% à la croissance mondiale. Le gouvernement allemand a estimé de son côté assez prudemment le gain de croissance entre 0,2 et 0,3 point pour l'économie allemande en 2014, selon une note interne publiée lundi par 'Der Spiegel'...

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