Pêche : Paris envisage des mesures de rétorsion contre Londres

Pêche : Paris envisage des mesures de rétorsion contre Londres

Le ton monte, alors que Londres n'a accordé aux bateaux français que 12 licences d'accès à ses eaux, sur les 47 supplémentaires réclamées par Paris dans le cadre de l'accord post-Brexit.

Pêche : Paris envisage des mesures de rétorsion contre Londres
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les décisions de Londres sur l'accès aux eaux de pêche "sont inacceptables et inadmissibles" et contreviennent à l'accord sur le Brexit, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement français, à l'issue du conseil des ministres. En conséquence, la France va explorer de possibles mesures de rétorsion, a expliqué Gabriel Attal.

Londres a accordé aux bateaux français seulement 12 licences d'accès à ses eaux sur les 47 supplémentaires réclamées par Paris dans le cadre de l'accord post-Brexit. Depuis le 1er janvier, et la sortie des britanniques de l'Union européenne, les pêcheurs ont besoin d'une autorisation pour travailler dans les eaux britanniques, et ce sésame provisoire expire demain jeudi, le 30 septembre.

Approche raisonnable ?

Le Royaume-Uni s'est dit ouvert à une discussion plus approfondie sur les licences rejetées, mais il estime que les exploitants des bateaux déboutés n'ont pas apporté de preuves qu'ils pêchaient dans ses eaux avant le Brexit, une condition nécessaire pour continuer à exercer dans la zone de 6-12 milles nautiques, correspondant aux eaux territoriales britanniques...

"Notre approche a été raisonnable et pleinement conforme à nos engagements dans l'Accord de commerce et de coopération (ACC)", a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique, faisant référence à l'accord de libre-échange conclu entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. "En ce qui concerne la zone 6-12 milles nautiques, telle qu'elle est définie dans l'ACC, les navires de l'UE doivent fournir la preuve d'une antériorité d'activité de pêche dans ces eaux", a rappelé le porte-parole du gouvernement britannique.

Paris s'agace

Un avis qui n'est pas du tout partagé par Paris : Annick Girardin, ministre française de la Mer, estime pour sa part que la Grande-Bretagne ne respecte pas l'accord sur le Brexit. "C'est un nouveau refus des Britanniques de mettre en oeuvre les conditions de l'accord sur le Brexit malgré tout le travail entrepris ensemble", a-t-elle déclaré dans un communiqué. "La pêche française ne doit pas être prise en otage par les Britanniques à des fins politiques", a-t-elle ajouté.

La ministre précise que le gouvernement britannique a délivré au total seulement 100 licences sur les 175 demandées par la France. Londres dit pour sa part avoir accordé des permis de pêche à près de 1.700 navires dans la zone des 12 à 200 milles nautiques et 105 autres licences pour les navires exerçant dans la zone des 6 à 12 milles nautiques à l'appui de preuves d'une antériorité d'exercice.

Situation inflammable

La décision de Londres attise encore les tensions dans un des dossiers les plus controversés et les plus sensibles de la relation post-Brexit, et risquent de rendre l'accès au marché des services financiers encore plus délicat. La France a déjà menacé de bloquer plusieurs texte qui autorisent les sociétés financières du Royaume-Uni à exercer leurs activités dans l'UE si le pays ne respectai pas les engagements du Brexit en matière de pêche.

Au mois de mai, des bateaux de pêche français ont manifesté dans la Manche, au large de Saint-Hélier, pour dénoncer des restrictions sur leur accès aux eaux britanniques...

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