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Pas fondé, l'arbitrage du dossier Tapie après la vente d'Adidas ?

Pas fondé, l'arbitrage du dossier Tapie après la vente d'Adidas ?

D'après les informations du 'Monde', l'homme d'affaires n'aurait pas été floué par le Crédit Lyonnais.

Pas fondé, l'arbitrage du dossier Tapie après la vente d'Adidas ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Nouveau rebondissement dans le dossier Bernard Tapie-Adidas. D'après les informations du quotidien 'Le Monde', l'homme d'affaires n'aurait pas été lésé par le Crédit Lyonnais lors de la revente de l'équipementier sportif en 1993. Selon un rapport de synthèse des policiers de la brigade financière qui ont enquêté sur cette procédure, les juges soupçonnent un "simulacre d'arbitrage". En juillet 2008, Bernard Tapie avait touché plus de 400 millions d'euros de dédommagements, mais selon 'Le Monde', "il n'y aurait donc pas eu besoin de cet arbitrage, aujourd'hui considéré comme suspect par la justice".

Tapie "pleinement associé

"Les faits ayant pu être établis par les investigations ne permettent pas de donner crédit à la thèse de Bernard Tapie et aux conclusions des arbitres", conclut ce rapport de police du 9 juillet dernier. "Les investigations conduites sur ces événements passés de plus de vingt ans et dont plusieurs acteurs sont décédés ont néanmoins permis de déterminer que M. Tapie avait été pleinement associé aux opérations" liées à la revente d'Adidas, poursuit le document, estimant que le raisonnement des arbitres "reposait sur des documents non conformes à la réalité."

Bernard Tapie a toujours affirmé que la revente d'Adidas s'était opérée "à son insu", rappelle 'Le Monde'. Face à lui, Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais de 1993 à 2003, a toujours soutenu que l'homme d'affaires n'avait pas été lésé, contestant la version retenue par les juges-arbitres. "C'est pas les policiers qui font la justice", a réagi jeudi Bernard Tapie sur France Info. "La justice c'est des magistratsqui écoutent les parties (...) faut arrêter ce cirque-là."

Des mises en examen pour rien ?

Cinq personnes ont été mises en examen pour escroquerie en bande organisée dans le volet non-ministériel de cette affaire : le juge-arbitre Pierre Estoup, Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne, le PDG d'Orange et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l'Economie Stéphane Richard et Jean-François Rocchi, ancien président du CDR. Christine Lagarde, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a pour sa part été mise en examen pour "négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ayant mené à la destruction, au détournement ou à la soustraction par un tiers de fonds publics".

Un tribunal arbitral a condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation, véhicule public chargé de liquider les actifs pourris du Crédit Lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts).

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