Accueil
»
Actualités
»
Economie
»
Consultation

Pas de retour à la normale avant 2024 pour le trafic aérien mondial...

Pas de retour à la normale avant 2024 pour le trafic aérien mondial...

De quoi mettre en péril l'avenir de la filière aéronautique ?

Pas de retour à la normale avant 2024 pour le trafic aérien mondial...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Dans sa dernière étude, Euler Hermes fait le point sur l'impact de l'épidémie Covid-19 sur la filière aéronautique. Le leader mondial de l'assurance-crédit établit ses prévisions de demande pour le transport aérien et en détaille les conséquences sur les avionneurs et leurs fournisseurs.

L'accélération de la propagation de l'épidémie Covid-19 ralentit considérablement la reprise de la demande du transport aérien. Après une saison estivale tronquée en Europe et aux Etats-Unis, couplée à une volonté moins forte des passagers de se déplacer en avion, le trafic aérien mondial, mesuré par l'indicateur Revenue Passenger Kilometers (RPK), s'est contracté de -75% à fin août, après une baisse de -80% en juillet.

"Le retour de mesures sanitaires plus contraignantes nous conduit à prévoir un trafic aérien international en chute de -60% sur l'année 2020, de 20 points plus forte que notre précédente estimation de mai dernier (-40%)" commente Euler Hermes qui estime également que le trafic aérien mondial ne retrouvera son niveau d'avant-crise qu'à partir de 2024...

Reports et annulations

Cette contraction du trafic aérien affecte directement les livraisons de nouveaux avions, tout particulièrement sur le marché des gros porteurs. Les défis auxquels font face les compagnies aériennes ont un impact direct sur la filière aéronautique amont dans son ensemble, engendrant des reports et annulations des commandes passées avant le début de l'épidémie. "Nous estimons que, par rapport à 2019, les livraisons de nouveaux avions d'Airbus et Boeing (cumulées) chuteront de 57% en 2020 et de 26% en 2021.

Dans ce contexte très dégradé, les principaux avionneurs n'ont pas d'autres choix que de baisser le cadencement de leur production d'un tiers, bien en retrait par rapport à leur objectif d'il y a un an (60 avions par mois)" poursuivent les analystes de chez Euler Hermes.

Ce ralentissement de la production met à mal la rentabilité de tous les acteurs du secteur aéronautique : "Nous estimons à -4 Mds$ sur l'année 2020 les pertes opérationnelles des grands avionneurs mondiaux, correspondant à un taux de marge opérationnelle de -2,5%, soit un recul de -11 points par rapport au niveau record du secteur, qui s'établissait à +9% les deux années précédentes".

Concernant les sous-traitants et fournisseurs, leur marge opérationnelle devrait être divisée par 3 et atteindre seulement +3% en 2020 et 2021, contre une moyenne annuelle de +11% sur la dernière décennie.

'R&D' en question

À long terme, c'est la filière aéronautique européenne qui devrait le plus souffrir... Contrairement aux acteurs américains, chinois ou russes pouvant s'appuyer sur des budgets publics de défense massifs et inchangés, les européens devront non seulement attendre que la production de nouveaux avions reprenne son rythme, mais aussi résister à la réduction de leurs capacités. Cela complique d'autant plus la nécessaire hausse des budgets de "R&D" du secteur, en vue d'atteindre l'objectif d'un avion à moteur à hydrogène opérationnel (zéro émissions) d'ici 2035...

©2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !