Nouvelle flambée des prix du gaz en Europe

Nouvelle flambée des prix du gaz en Europe

Les prix s'envolent, et Bruxelles tente de trouver la parade, tout en assurant que les stocks seront suffisants cet hiver en Europe.

Nouvelle flambée des prix du gaz en Europe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Pas de pause pour la flambée des tarifs de l'énergie... Le prix du mégawattheure de gaz naturel a touché un nouveau record ce mercredi, à 162,125 euros sur le marché à terme à Amsterdam, soit un bond de 40% au lendemain d'une hausse de 20%. Les cours se sont retournés dans l'après-midi, après des propos rassurants de la Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a réaffirmé que Moscou était prêt à discuter de nouveaux contrats à long terme pour la vente de gaz aux clients européens. Il a ajouté que Gazprom respectait toutes ses obligations. "A ma connaissance, Gazprom est en contact permanent avec ses clients en Europe, toutes les demandes d'approvisionnement supplémentaires autorisées sont satisfaites par Gazprom", a-t-il déclaré.

Moscou se défend

La Russie n'est pas responsable de la flambée actuelle des prix gaz qui résulte, selon Moscou, d'une reprise de la demande, de faibles stocks et d'une baisse de l'offre sur le marché spot, a également déclaré le porte-parole du Kremlin.

Les prix de l'énergie augmentent partout dans le monde, des États-Unis à l'Europe, en passant par l'Asie, alors que l'économie se remet rapidement de la pandémie mondiale et que les salariés sont de retour au bureau...

L'Europe a du mal à obtenir suffisamment de gaz et de charbon avant l'hiver, et cette hausse des prix a même poussé certains industriels, comme les producteurs d'engrais CF Industries et Yara International ou le géant de la chimie BASF à fermer des usines ou à ralentir leur production.

Assez de stocks pour l'hiver

Face à cette envolée, Bruxelles se veut rassurant. Les pays de l'Union européenne (UE) disposent de suffisamment de stocks de gaz pour affronter l'hiver mais la flambée des prix démontre la nécessité de développer rapidement des sources d'énergies renouvelables et de réformer le marché du gaz, a déclaré mercredi la commissaire européenne chargée de l'Energie, Kadri Simson.

"Le stockage souterrain du gaz est supérieur à 75% dans toute l'Europe. Ce niveau est inférieur au volume moyen stocké sur 10 ans mais il reste approprié pour couvrir les besoins en période hivernale", a-t-elle déclaré au Parlement européen. "D'ici la fin de l'année, je proposerai une réforme du marché du gaz, et je réexaminerai dans ce contexte les questions relatives au stockage et à la sécurité de l'approvisionnement", a annoncé Kadri Simson.

Pistes de réforme

Une des pistes de réforme, proposée par l'Espagne, est l'achat conjoint de gaz par l'UE et la constitution d'une réserve stratégique européenne de gaz. A long terme, la solution pour répondre à la hausse des prix est d'augmenter le volume de production d'énergie renouvelables, mais à court terme les gouvernements de l'UE peuvent apporter une aide financière ciblée aux consommateurs et réduire les taxes sur l'énergie, a estimé Kadri Simson.

La Commission doit présenter la semaine prochaine une liste de mesures conformes à la législation européenne. "L'Europe doit réagir en prenant rapidement des mesures coordonnées au niveau des États membres, en tirant parti de la force de son marché unique et en se préparant davantage aux crises futures", a-t-elle déclaré. "Nous devons réagir ensemble". "Nous devons également rester conscients de l'importance de la géopolitique de l'énergie et développer une approche plus stratégique de la politique énergétique extérieure", a-t-elle ajouté.

Et la France ?

Le gouvernement continue de chercher des réponses à la flambée des prix de l'énergie... Jean Castex a annoncé mardi qu'un amendement relatif à la hausse des tarifs du gaz serait ainsi déposé dans le cadre du projet de budget 2022, ce qui permettrait au gouvernement d'utiliser le volet fiscal si les tarifs de l'énergie ne baissent pas comme anticipé par l'exécutif au printemps prochain.

Le Premier ministre, qui s'exprimait à l'Assemblée lors des questions d'actualité au gouvernement, s'est engagé à recourir à un "levier fiscal" si besoin, après le "bouclier tarifaire" annoncé la semaine dernière.

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