»
»
»
Consultation

Nicolas Hulot se défend de tout recul dans le dossier nucléaire

Le ministre de la Transition écologique est sous le feu des critiques des écologistes, depuis qu'il a annoncé le report des objectifs de la France.

Nicolas Hulot se défend de tout recul dans le dossier nucléaire
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Sous le feu des critiques depuis l'annonce mardi du report "au plus tard" à 2035 de l'objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité française, Nicolas Hulot se défend... "Certains ont dit : 'Hulot, il a reculé sur le nucléaire'. Pas du tout, on va avancer", a affirmé le ministre de la Transition écologique sur BFMTV.

Nicolas Hulot a annoncé mardi qu'il faudra reporter l'objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production à 2035 au plus tard plutôt qu'en 2025 comme le prévoyait la loi de transition énergétique de 2015, sous peine d'accroître les émissions polluantes.

De quoi provoquer l'ire des écologistes, qui voient là des "signes de faiblesse" de la part du ministre.

Date péremption

"Il remet en question la loi de Transition énergétique en reportant l'échéance de 2025, sans donner de précision", a regretté Alix Mazounie, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France, dans un communiqué. "Nicolas Hulot se doit d'être le rempart des lobbies du pétrole et du nucléaire."

"Dans cette affaire il y a avant tout un problème de volonté politique", a dit, quant à lui, David Cormand, le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) sur RFI. "Moi je pense qu'il y a une ligne rouge qui a été franchie." "En 2030, sur les 58 réacteurs nucléaires, il y en aura 48 qui auront plus de 40 ans. Si on repousse l'échéance à 2030, c'est la quasi totalité de notre parc nucléaire qui sera au-delà de sa date de péremption", a expliqué David Cormand.

Pas seulement dans le symbole

Mais pour le ministre de la Transition écologique, "ce qui est plus important, si on ne veut pas perdre de la crédibilité sur l'ensemble de notre stratégie énergétique, c'est de regarder la faisabilité, de planifier les choses et pas simplement se poser des totems". Il a justifié sa décision en indiquant que la cible de 2025 était "inatteignable" sans un dérapage sur les autres objectifs climatiques du pays.

Il se donne donc un an pour élaborer un calendrier précis de fermeture des centrales qui permettront d'atteindre ce nouvel objectif. Cela devrait concerner entre "17 et 25 réacteurs".

"On va le planifier sur une échelle de temps qui va permettre que socialement ce soit acceptable, que ça ne nous mette pas dans une situation de rupture d'approvisionnement", a poursuivi Nicolas Hulot. "On va faire les choses avec une grande rationalité et pas simplement dans le symbole."

Cas d'école

Ce dernier a assuré que la centrale de Fessenheim serait bien fermée avant 2022. "On va en profiter pour en faire un cas d'école, pour que les choses se fassent le mieux possible pour les salariés et les territoires", a-t-il dit.

Le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet a annoncé que l'autorité rendrait en 2020-2021 son avis définitif sur une éventuelle extension de la durée d'activité des réacteurs nucléaires d'EDF au-delà des 40 années prévues.

Le géant du nucléaire français, EDF, a quant à lui pris notes des annonces du gouvernement. "Nous serons contributeurs à ce travail comme toutes les parties prenantes mais encore une fois, la politique en matière énergétique de ce pays c'est le gouvernement qui la définit, pas EDF", a dit Dominique Minière, directeur exécutif d'EDF, lui aussi auditionné par la commission.

©2017,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Nicolas Hulot se défend de tout recul dans le dossier nucléaire

Partenaires de Boursier.com