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Monsanto : un céréalier français "prêt à aller jusqu'au bout"

Monsanto : un céréalier français "prêt à aller jusqu'au bout"

Depuis 12 ans, Paul François se bat contre le géant américain de l'agrochimie, après avoir été intoxiqué par un de ses herbicides. Son procès en appel démarre ce mercredi.

Monsanto : un céréalier français 'prêt à aller jusqu'au bout'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Il s'est dit "prêt à aller jusqu'au bout" pour faire plier Monsanto avant l'ouverture de son procès en appel. Paul François, un céréalier de 55 ans, mène depuis douze ans un bras de fer judiciaire contre le géant américain de l'agrochimie, qu'il désigne comme responsable de sa grave intoxication en 2004 au Lasso, un herbicide utilisé alors dans son exploitation, désormais interdit.

La multinationale américaine a été condamnée en première instance en France en 2012, puis en appel en 2015. La cour de cassation, saisie par Monsanto (racheté depuis par l'Allemand Bayer), a annulé cette décision en 2017. L'agriculteur a donc sollicité un nouvel appel. "Il s'agit de montrer qu'un simple citoyen peut faire plier une multinationale", a expliqué Paul François, fondateur de l'association "Phyto-victimes" qui soutient actuellement 400 dossiers de victimes, entouré d'associations et d'agriculteurs.

Pressions et harcèlement

L'agriculteur, qui a conservé des séquelles neurologiques de son inhalation accidentelle de Lasso, espère que la justice française reconnaîtra une nouvelle fois la responsabilité du géant américain. Il a dénoncé "les pressions" et "le harcèlement" exercé à son encontre par Monsanto, qui a par exemple demandé à plusieurs reprises une expertise psychiatrique du plaignant.

Une dénonciation partagée par l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. Il a déclaré dimanche dans le 'JDD' avoir appris que "Monsanto avait demandé à une officine belge de s'occuper de (s)a réputation", ce que dément le groupe. "On va peut-être perdre contre Monsanto, mais j'ai depuis converti mon exploitation de 200 hectares en agriculture biologique et c'est ça la vraie victoire", s'est félicité Paul François. "Cette affaire m'a amené à ouvrir les yeux et à passer à une autre agriculture. J'ai repris ma liberté d'agriculteur".

Critique du glyphosate

L'agriculteur est également très critique à l'égard du glyphosate, "le produit le plus utilisé dans le monde et le plus dangereux" et dénonce la position d'Emmanuel Macron et du gouvernement français sur le sujet. "Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait proposé de sortir du glyphosate dans un délai de 3 à 5 ans. On avait confiance. Et aujourd'hui, il dit que ce n'est pas possible! C'est scandaleux et irrespectueux", a-t-il déclaré.

Aux Etats-Unis, Monsanto a été condamné à verser 289 millions de dollars (253 millions d'euros) à un jardinier qui accuse le Roundup, son herbicide à base de glyphosate, d'être la cause de son cancer. A propos du procès français, une porte-parole de Bayer a déclaré que la société souhaitait "rappeler que l'utilisation de produits phytosanitaires ne présente pas de risque pour la santé humaine lorsque ceux-ci sont utilisés dans les conditions d'emploi définies dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché. Ces produits, très utiles pour les agriculteurs, font partie des produits dont l'évaluation et la commercialisation sont les plus strictement encadrées dans le monde".

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