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Monde : la croissance des salaires au plus bas depuis dix ans !

Monde : la croissance des salaires au plus bas depuis dix ans !

L'Organisation mondiale du Travail vient de dévoiler son rapport sur les salaires. Elle dresse deux constats : le niveau de rémunération est retombé à son plus bas niveau depuis 2008 et les femmes gagnent toujours 20% de moins que les hommes.

Monde : la croissance des salaires au plus bas depuis dix ans !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — En 2017, la croissance mondiale des salaires est retombée à son plus bas niveau depuis 2008, bien en-dessous des niveaux d'avant la crise financière mondiale, selon un nouveau rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT).

L'étude s'appuie sur les données de 136 pays et constate qu'en termes réels, la croissance des salaires dans le monde a ralenti, passant de 2,4% en 2016 à 1,8% en 2017. Dans les pays du G20, la hausse des salaires est passée de 0,9% à 0,4% en 2017.

"Il est déroutant d'observer que dans les économies à haut revenu la lente croissance des salaires coexiste avec la reprise de la croissance du PIB et la baisse du chômage, indique le directeur général de l'OIT, Guy Ryder, dans un communiqué. D'après les premières indications, cette faible croissance salariale devrait perdurer en 2018."

Recul des salaires en Italie et en Espagne

En Europe de l'ouest, la croissance des salaires est passée de 1,6% en 2015 à 1,3% en 2016 et a continué à reculer jusqu'à environ zéro en 2017, du fait d'une hausse plus faible dans des pays tels que la France et l'Allemagne et d'une baisse des salaires réels en Italie et en Espagne.

"Ces salaires qui stagnent sont un obstacle à la croissance économique et à la hausse des niveaux de vie. Les pays devraient explorer, avec leurs partenaires sociaux, les moyens de parvenir à une croissance salariale durable du point de vue économique et social", indique Guy Ryder.

Un fossé entre hommes et femmes

Le rapport s'attache aussi à décortiquer les écarts de salaires entre les hommes et les femmes. A l'échelle mondiale, les femmes continuent d'être payées en moyenne 20% de moins que leurs homologues masculins, jusqu'à 34% au Pakistan. En revanche, aux Philippines, les femmes gagnent en moyenne 10,3% de plus que les hommes. Pour faire ces comparaisons, l'OIT se base sur les données provenant de 73 pays qui représentent environ 80% des travailleurs dans le monde.

Dans les pays à haut revenu, c'est dans la partie haute de l'échelle des salaires que l'écart de rémunération entre hommes et femmes est le plus grand. Le rapport note également que les différences de diplômes ne jouent qu'un rôle "limité" pour expliquer ces écarts.

"Dans de nombreux pays, les femmes sont plus éduquées que les hommes mais touchent des salaires inférieurs, même lorsqu'elles travaillent dans les mêmes catégories professionnelles", poursuit Rosalia Vazquez-Alvarez, l'une des auteurs du rapport.

La maternité

Selon l'étude, la maternité joue un rôle déterminant pour expliquer ces différences. Les interruptions de carrières, la réduction du temps de travail ou les "décisions de promotions stéréotypées" sont autant d'éléments qui pénalisent les carrières des femmes.

"L'écart de rémunération entre hommes et femmes représente aujourd'hui l'une des plus grandes manifestations d'injustice sociale et tous les pays devraient essayer de mieux comprendre ce qu'il cache et de progresser plus rapidement vers l'égalité des sexes", précise Guy Ryder.

Changer les préjugés

L'un des objectifs de développement durable des Nations Unies est de parvenir d'ici 2030 à "un salaire égal pour un travail de valeur égal". Les progrès en la matière sont, pour l'instant, trop lents mais le rapport lance plusieurs pistes pour tenter d'y parvenir : disposer de meilleures données, mieux cerner dans quelles catégories professionnelles les écarts sont les plus importants et mettre en place des initiatives pour changer les préjugés dans les entreprises.

Un index de l'égalité en France

En France, la ministre du Travail, Murielle Pénicaud, s'est engagée au début de l'année à supprimer ces injustices d'ici 2022. La semaine dernière, le gouvernement a présenté un "index de l'égalité femmes-hommes", que les entreprises de plus de 50 salariés devront publier tous les ans sur internet.

L'index prendra la forme d'une note sur 100 qui comptabilisera les écarts de salaires, mais aussi l'égale répartition des augmentations et des promotions et l'augmentation des femmes de retour de congé maternité. Si leur score est inférieur à 75 sur 100 points, elles disposeront de trois ans pour se mettre en conformité et atteindre le seuil requis des 75. Si ce niveau n'est pas atteint, elles se verront imposer une sanction financière pouvant aller jusqu'à 1% de leur masse salariale...

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