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Moins d'un Français sur trois favorable à la réforme des retraites

Moins d'un Français sur trois favorable à la réforme des retraites

Seuls 29% des Français sont favorable au régime universel de retraite par points, selon le dernier sondage Elabe. Et à l'approche des grèves du 5 décembre, 37% se déclarent être prêts à se mobiliser dans les semaines à venir contre la réforme.

Moins d'un Français sur trois favorable à la réforme des retraites
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La réforme des retraites, dont les détails restent pour l'instant flous, est de moins en moins soutenue par les Français, selon le dernier sondage publié ce jeudi par 'Les Echos'. Selon ce sondage Elabe, 47% des Français sont opposés à la réforme des retraites, une hausse de 4 points en un mois. Seuls 29% sont favorables à cette réforme dont les modalités font débat au sein même de l'exécutif.

L'opposition à la réforme est notamment en forte hausse chez les actifs entre 25 et 49 ans, signe que la tentative du gouvernement de faire la pédagogie de la réforme est pour l'instant un échec. Le soutien à la réforme a aussi reculé de 10 points en un mois dans les catégories sociales populaires, qui ne sont plus que 19% à être favorables au projet du gouvernement. La seule catégorie sociale favorable à la réforme est celles de retraités, qui ne seront pas touchés par les changements à venir.

Les appels contre la réforme se multiplient pour le 5 décembre

Dès septembre, un certain nombre de professions s'étaient mobilisées contre le projet, dont les employés de la RATP, avec une grève très suivie le 13 septembre, puis les professions libérales qui ont défilé à Paris le 16 septembre.

Depuis, la CGT, FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse ont appelé à "une première journée de grève interprofessionnelle" le jeudi 5 décembre. Ce même 5 décembre, les syndicats de la SNCF et de la RATP ont appelé à une grève illimitée dans les transports en commun. Lors d'une "assemblée des assemblées" le 3 novembre, des représentants des "Gilets jaunes" se sont quant à eux prononcés pour une convergence des luttes ce même 5 décembre.

44% des employés et des ouvriers prêts à se mobiliser

Le spectre d'une mobilisation massive du type de celle qui a renversé le gouvernement Juppé en 1995 ne semble donc plus exclue. Selon le sondage Elabe, 37% des Français déclarent être prêts à se mobiliser dans les semaines à venir contre ce changement du système de retraite.

Chez les actifs, 44% des employés et des ouvriers y sont prêts, mais aussi 31% des cadres. "Ce n'est pas encore décembre 95 mais les ingrédients d'une mobilisation forte se mettent en place", a commenté Bernard Sananès, président d'Elabe, cité par 'Les Echos'.

Vers une mise oeuvre progressive de la réforme ?

Face à la montée de la grogne syndicale et sociale, l'exécutif a laissé entendre en octobre qu'il étudiait la piste d'une mise en place différée pour les perdants de la réforme. Dans un document de travail dont 'Les Echos' avaient obtenu copie, la mise en place du régime universel par points pourrait être repoussée, voire applicable aux seuls nouveaux entrants pour certaines professions très mobilisées.

Le gouvernement, qui a promis de prendre le temps pour élaborer le nouveau régime universel des retraites souhaité par Emmanuel Macron, prévoit son adoption d'ici la fin de la session parlementaire de l'été 2020 en vue d'une mise en oeuvre à partir de 2025.

Jean-Paul Delevoye opposé à "la clause du grand-père"

Toutefois, ce jeudi, le haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, s'est dit opposé à la " clause du grand-père", qui réserverait le futur régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail. "J'ai toujours dit que si on appliquait de façon généralisée la 'clause du grand-père', cela reviendrait à créer un 43e régime. C'est impossible ! ", a souligné Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé jeudi au 'Parisien'.

"Moi, je ne transigerai pas sur l'objectif", a insisté M. Delevoye. "Si la grève du 5 décembre est une grève catégorielle, si elle vise à s'opposer au régime universel, je ne l'entends pas." "C'est ma position. Après, c'est au Premier ministre d'arbitrer", a-t-il conclu.

©2019,

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