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Mistral : un vent mauvais entre la France et les Etats-Unis

Mistral : un vent mauvais entre la France et les Etats-Unis

Malgré les pressions de ses alliés occidentaux pour sanctionner économiquement Moscou, la France devrait honorer ce contrat de 1,2 milliard d'euros...

Mistral : un vent mauvais entre la France et les Etats-Unis
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La crise ukrainienne ne devrait pas empêcher Paris de livrer comme prévu deux navires de guerre à la Russie. Malgré les pressions de ses alliés occidentaux pour sanctionner économiquement Moscou, la France devrait honorer ce contrat de 1,2 milliard d'euros, qui fait travailler 1.000 salariés sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, si l'on en croit les dernières déclarations officielles et officieuses au plus haut sommet de l'Etat. Sauf coup de théâtre, le premier Mistral devrait donc bien être livré en octobre 2014 et le second en 2015.

Ce contrat n'a pas vocation à faire partie d'un paquet d'éventuelles sanctions économiques de l'Union européenne à l'encontre de Moscou, font ainsi savoir des responsables français. Un conseiller de l'Elysée, cité par 'Le Monde', affirme que les Mistral "ne figurent pas dans l'inventaire des sanctions [économiques] de niveau 3 actuellement à l'étude parmi les Européens".

Des inquiétudes

Le président François Hollande lui-même s'est exprimé sur le sujet samedi dernier, lors de sa rencontre en Allemagne avec Angela Merkel. "Ce contrat a été signé en 2011, il s'exécute et il trouvera son aboutissement au mois d'octobre prochain. Pour l'instant il n'est pas remis en cause", a-t-il affirmé. Deux jours plus tôt, le 8 mai, Victoria Nuland, la secrétaire d'Etat adjointe américaine chargé de l'Europe, avait agacé Paris en déclarant devant le Congrès américain que "nous avons, de manière régulière et constante, exprimé nos inquiétudes à propos de cette vente"...

Le 17 mars dernier, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait estimé que Paris pourrait envisager d'annuler le contrat des Mistral, mais uniquement à condition que d'autres pays prennent des sanctions équivalentes. "Si Poutine continue ce qu'il fait, nous pouvons envisager d'annuler ces ventes, mais nous demanderons à d'autres, je pense notamment aux Britanniques, de faire l'équivalent avec les avoirs russes des oligarques à Londres. Les sanctions doivent toucher tout le monde", avait-il déclaré en soulignant que l'annulation du contrat Mistral serait aussi "négatif pour les Français". Or, pour le moment, Londres ne montre aucun empressement à sanctionner les nombreux oligarques russes qu'elle accueille sur le sol britannique...

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