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Marchés : des lendemains qui déchantent ?

Marchés : des lendemains qui déchantent ?

L'économie mondiale et les marchés financiers pourraient connaître des changements radicaux au cours des prochaines années. Le risque d'une récession aux Etats-Unis augmente à moyen terme...

Marchés : des lendemains qui déchantent ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — PIMCO, l'un des principaux gestionnaires obligataires au monde, livre les conclusions de son dernier forum séculaire au cours duquel les perspectives pour les trois à cinq prochaines années ont été analysées par ses experts... Ces conclusions mettent en garde les investisseurs : s'ils s'attendent à ce que la phase prolongée de faible volatilité et de hausse des valorisations qui a fait suite à la crise financière mondiale se poursuive, ils pourraient connaître d'amères désillusions...

Les auteurs, Dan Ivascyn, CIO du groupe, Andrew Balls, CIO Global Fixed Income, et Joachim Fels, Global Economic Advisor, soulignent que la décennie qui a suivi la crise financière mondiale s'est caractérisée par une "répression financière" au travers de la réglementation et des mesures prises par les banques centrales, des politiques budgétaires pour la plupart passives ou restrictives, une faible croissance de la productivité et des salaires réels, une inflation modérée, des échanges et des flux de capitaux globalement non restreints et une volatilité limitée tant au plan macroéconomique que sur les marchés.

Importantes mutations

Dans le même temps, les niveaux d'endettement ont continué d'augmenter à l'échelle mondiale... Selon eux, d'importantes mutations sont déjà en cours : le dosage entre politique monétaire et politique budgétaire évolue dès lors que les banques centrales retirent leurs mesures de soutien et que les politiques budgétaires se font plus expansionnistes ; le débat portant sur le renforcement de la réglementation se déplace de la finance vers le secteur technologique ; nationalisme économique et protectionnisme gagnent du terrain.

Le scénario de base de PIMCO pour les trois à 5 prochaines années prévoit une récession probable aux États-Unis qui devrait toucher également une grande partie de l'économie mondiale...

Déclencheurs

Plusieurs facteurs pourraient servir de déclencheurs, comme la diminution de l'impact de la réforme fiscale américaine et le risque de surchauffe - le taux de chômage est inférieur à 4% - qui pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à prendre des mesures plus agressives en cas de hausse de la pression inflationniste.

Une telle récession serait certainement moins marquée que les épisodes standards survenus au cours de l'après-guerre, mais elle serait probablement plus longue et plus risquée :

"Moins marquée, car nous n'observons pour l'heure aucun signe de surinvestissement ou de surconsommation des entreprises ou des ménages aux États-Unis et le secteur financier mondial semble plus stable que lors des cycles précédents ; plus longue, car des taux d'intérêt relativement bas, le volume démesuré des bilans des banques centrales et, aux États-Unis, le creusement des déficits budgétaires restreignent la marge de manoeuvre politique pour faire face à une récession mondiale, récession qui pourrait en outre entraîner une hausse du protectionnisme et des vagues de dévaluations ; plus risquée, car les prévisions d'inflation sont déjà très limitées aujourd'hui, que la faiblesse structurelle de la zone euro réapparaîtrait et qu'il existe un risque latent d'avènement du populisme" commente l'établissement.

Guide utile

PIMCO continue toutefois de penser que le cadre de "Nouvelle Neutralité", caractérisé par des taux directeurs bas enracinant les marchés obligataires mondiaux, restera un guide utile. En dépit d'une volatilité accrue, les marchés obligataires mondiaux devraient donc continuer d'évoluer dans une fourchette limitée...

Toutefois, les investisseurs devraient se préparer à un environnement plus difficile et se positionner de sorte à pouvoir profiter des opportunités qui apparaissent sur des marchés volatils.

Principales implications pour les investissements

Volatilité : la hausse prévisible de la volatilité signifie que les ventes de volatilité paraissent dans l'ensemble moins intéressantes.

Primes de risque : le retour à des primes de terme et des spreads de risque plus élevés et à des courbes de taux globalement plus pentues implique que les échéances courtes devraient être plus attrayantes.

TIPS américains, matières premières et actifs réels : ces investissements proposent une couverture bon marché contre d'éventuelles surprises du côté de l'inflation.

Obligations d'entreprises : PIMCO mise sur un processus sélectif pour les obligations d'entreprises et sur une réduction du risque de crédit en se focalisant sur des engagements à court terme et des positions robustes assorties d'une faible probabilité de défaillance.

Devises : le dollar américain semble globalement proche de l'équilibre par rapport aux autres monnaies du G10, car les anomalies de valorisation sont limitées sur les marchés.

Marchés émergents : il existe toujours des opportunités intéressantes, tous pays et secteurs confondus. Les risques spécifiques aux pays et les hausses de taux prévues aux États-Unis, l'évolution du dollar américain et l'incertitude conjoncturelle qui en découle restent des facteurs importants lors de la sélection de titres.

Périphérie de la zone euro : PIMCO reste prudent en ce qui concerne les obligations de la périphérie de la zone euro, car la Banque centrale européenne (BCE) devrait diminuer ses mesures de soutien. Globalement, PIMCO met l'accent sur les investissements qui offrent un profil risque/rendement solide et ne dépendent pas outre mesure du soutien des banques centrales.

©2018,

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