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Manuel Valls en déplacement à Berlin pour redorer le blason de la France

Manuel Valls en déplacement à Berlin pour redorer le blason de la France

Comment convaincre l'Allemagne que la France saura se réformer ?

Manuel Valls en déplacement à Berlin pour redorer le blason de la France
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Début de semaine studieux pour le Premier ministre français... Manuel Valls entame aujourd'hui une visite de deux jours en Allemagne, où le dérapage des déficits français a entamé encore davantage l'image déjà écornée de l'hexagone.

Le  chef du gouvernement rencontrera notamment la chancelière Angela Merkel, et le vice-chancelier Sigmar Gabriel, qu'il tentera de convaincre de ne pas s'opposer au nouveau report des objectifs de déficits demandé par la France à Bruxelles. M. Valls compte mettre en avant les efforts déjà accomplis par le gouvernement, notamment le pacte de responsabilité, et le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) ainsi que la réforme de la retraite.

Berlin refuse d'ouvrir sa bourse pour stimuler l'économie

En outre, le chef du gouvernement français va demander à Berlin de contribuer davantage à la croissance européenne. Lors de son discours de confiance devant l'Assemblée nationale, le 16 septembre, Manuel Valls avait demandé à Berlin "d'assumer ses responsabilités" en la matière. "L'accord entre nos deux pays est indispensable pour relancer la croissance et redonner au projet européen sa véritable ambition", avait-il affirmé.

Cependant, la France apparaît en ce moment dans un état de faiblesse qui lui accorde peu de poids pour influencer une Allemagne qui reste le moteur économique de l'Europe, malgré un ralentissement de l'activité observé outre-Rhin depuis l'été. Berlin continue contre vents et marées de prêcher une stricte discipline budgétaire et s'emploie elle-même à réduire à zéro ses déficits. Le pays a même dégagé un excédent budgétaire de 16,1 milliards d'euros, soit 1,1 % du PIB, au premier semestre 2014.

Les USA veulent une relance de l'investissement

Du point de vue de l'opinion et de la presse allemande, la France paraît incapable de se réformer, tandis que l'Allemagne n'admet pas les critiques sur sa politique d'"austérité", que Berlin considère comme une saine gestion de ses finances publiques.

Dans son combat pour une politique européenne de relance, la France ne manque cependant pas d'alliés : elle est soutenue par l'Italie, mais aussi implicitement par le président de la BCE Mario Draghi, qui a demandé aux Etats membres de l'UE de faire preuve d'adaptation budgétaire et de relancer l'investissement.

Ce week-end, les Etats-Unis sont entrés à leur tour dans le débat à l'occasion d'une réunion du G20 à Cairns (Australie). Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a exhorté l'Europe à faire davantage pour relancer l'économie de la région, dont la stagnation menace la reprise mondiale. "Si les efforts pour stimuler la demande sont différés trop longtemps, le risque d'une aggravation de la situation s'accroîtra", s'est ainsi inquiété hier Jack Lew, appelant les Européens à surmonter leurs différences.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, lui aussi présent à Cairns, ne s'est cependant pas laissé convaincre. Il a rejeté hier toute possibilité de mobiliser le Mécanisme européen de stabilité (MES) pour financer un plan de relance de l'investissement.

Mobiliser le fonds de secours européen pour des grands travaux ?

Le futur président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker réfléchirait à employer à cette fin le MES (créé à l'issue de l'euro de 2009-2011), mais M. Schäuble a estimé que ce fonds "n'a rien à voir avec le financement de l'investissement". Il a été créé pour empêcher qu'une nouvelle crise financière ne se produise, et "par dessous tout, le fonds est là pour ne pas être employé et pour créer de la confiance", a-t-il ajouté.

Face au coup d'arrêt à la croissance européenne observé cet été, les Etats membres de l'Union européenne ont chargé la Commission et la Banque européenne d'investissement (BEI) de proposer des projets créateurs de croissance. M. Juncker serait ainsi favorable à la libération de 80 milliards d'euros du MES (sur les 400 MdsE mobilisables) pour abonder un fonds d'investissement géré par la BEI en vue de financer des grands travaux en Europe, avait révélé la semaine dernière le 'Süddeutsche Zeitung'.

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