Loi sur le pouvoir d'achat : une nouvelle donne politique qui change tout...

Loi sur le pouvoir d'achat : une nouvelle donne politique qui change tout...

Très attendue par les Français qui souffrent de l'inflation, le vote de la loi sur le pouvoir d'achat pourrait prendre du retard à cause des tractations avec l'opposition devenues nécessaires faute de majorité absolue pour le camp présidentiel.

Loi sur le pouvoir d'achat : une nouvelle donne politique qui change tout...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — En l'absence de majorité absolue à la nouvelle Assemblée nationale, le gouvernement pourra-t-il faire adopter dès ce mois de juillet comme prévu sa loi sur le pouvoir d'achat, très attendue par les ménages français, sur fond d'inflation galopante ?

En présentant le projet fin mai, la Première ministre Elisabeth Borne avait fait de cette loi la première priorité du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Dimanche soir, après le second tour qui a privé le camp présidentiel de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, elle a répété l'urgence d'adopter ces "mesures fortes pour le pouvoir d'achat" destinées à "protéger les Français" de l'inflation, qui a atteint 5,2% sur un an en mai, et devrait encore accélérer dans les prochains mois...

Le calendrier déjà reporté d'une semaine, au 6 juillet en Conseil des ministres

Le texte prévoit notamment la prolongation des boucliers tarifaires sur l'énergie et de la remise sur les prix du carburant, suivie à la rentrée d'une aide ciblée pour les gros rouleurs. Très attendues également par les Français, la revalorisation des retraites et celle des minimaux sociaux, ainsi que la hausse du point d'indice des fonctionnaires et le triplement de la "prime Macron". Sans oublier la suppression de la redevance audiovisuelle.

En revanche, il n'est pas certain que la mise en place d'un chèque alimentation figure finalement dans le projet, sa mise en place étant si complexe qu'elle exige davantage de temps.

Le projet de loi devait être présenté en Conseil des ministres le 29 juin, mais ce devrait désormais être le 6 juillet, en vue d'une adoption par le parlement avant la fin juillet, un calendrier qui semble très difficile à tenir...

Avec 245 députés, alors que la majorité absolue se situe à 289 voix, le camp présidentiel devra en effet négocier point par point, en sachant que l'opposition de gauche comme de droite va s'atteler à amender de nombreux points du projet.

Les partis d'opposition déterminés à se faire entendre

La majorité présidentielle aura donc fort à faire pour trouver des compromis avec les partis d'opposition. Mardi et mercredi, Emmanuel Macron reçoit à l'Elysée les principales forces politiques du pays qui siègent à l'Assemblée nationale pour tenter de trouver une majorité. A défaut d'alliance stable, le gouvernement devrait alors trouver des majorités au cas par cas, augmentant les risques de blocage et d'instabilité.

Certains politologues préconisent de former une coalition avec Les Républicains (61 sièges) dont les programmes sont assez proches de LREM... Cependant, LR reproche depuis cinq ans à Emmanuel Macron de ne pas maîtriser les dépenses et réclame des économies. Christian Jacob, le président des Républicains, a rejeté lundi l'idée d'une coalition, tout en laissant la voie ouverte à une posture d'opposition constructive et "responsable".

A gauche, sur la revalorisation des retraites, l'Alliance Nupes (131 sièges) réclame une hausse équivalente à l'inflation, soit environ 6% attendu en juillet, tandis que le gouvernement propose 4%. Olivier Faure, le chef de file du PS et député de Seine-et-Marne, a aussi réclamé mardi sur franceinfo un SMIC à 1.500 euros, jugeant cette condition "non négociable".

La baisse ciblée de la TVA en question

Sur les prix des carburants, la Nupes ne se satisfait pas des aides prévues (remise de 18 cents TTC par litre, puis aide ciblée aux gros rouleurs) et plaide pour le blocage immédiat du prix des carburants, ou tout au moins une baisse de la TVA sur les carburants (que proposaient les socialistes et les communistes lors de la présidentielle).

A droite, le Rassemblement National (89 sièges) demande aussi la réduction, voire la suppression de la TVA de façon ciblée. Le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, a affirmé mardi sur 'franceinfo' que son parti ferait des propositions "pour aller plus loin, comme la baisse de la TVA à 5,5% sur toutes les énergies", ainsi que "baisser la TVA à 0% sur 100 produits de première nécessité" plutôt qu'une "politique des chèques" qui "ne donne pas de résultats satisfaisants".

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