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Logements : 1 jeune sur 4 avoue avoir triché pour obtenir une location

Logements : 1 jeune sur 4 avoue avoir triché pour obtenir une location

Falsifier un dossier de location pour avoir plus de chance de décrocher un logement est pourtant une pratique lourdement sanctionnée par la loi.

Logements : 1 jeune sur 4 avoue avoir triché pour obtenir une location
Crédit photo © iStock

(Boursier.com) — Même si la triche peut coûter très cher, certains locataires se sont parfois laissés tenter... Pour mettre toutes les chances de leur côté, 23% des Français âgés entre 18 et 34 ans avouent avoir déjà falsifié une pièce de leur dossier pour décrocher un logement en location, selon un sondage OpinionWay, réalisé pour le compte de l'assureur Homebrella.

"Dans ce contexte hostile à la location par des jeunes aujourd'hui, les 18-34 ans sont en position de faiblesse et se retrouvent contraints de frôler voire de tutoyer l'illégalité", ont expliqué les auteurs de l'étude publiée vendredi.

Dans les faits, falsifier des documents pour un dossier de location relève "du faux et usage de faux". Ainsi, selon l'article 441-1 du Code pénal, cette pratique est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende. Elle peut aussi être qualifiée d'"abus de confiance", qui est une infraction pénale passible de trois ans de prison et 375.000 euros d'amende.

La triche plus fréquente chez les jeunes Franciliens

Ils sont même 29% parmi les habitants d'Île-de-France à avoir modifié à son avantage des pièces de son dossier de location pour pouvoir accéder à un logement (contre 21% en province). "Systématiquement les jeunes Franciliens ayant déjà loué un logement se sont plus souvent retrouvés en situation de falsification de pièces de dossier, des écarts avec les réponses des jeunes résidant en province s'observant sur tous les éléments testés", précise l'enquête.

Il faut dire que, dans la région, l'immobilier est particulièrement tendu et exigeant. "Le prix des loyers a tellement augmenté. Et le processus de dossier est tellement complexe en France que les jeunes ont l'impression d'être obligés de frauder pour obtenir une location", a affirmé Henry Leitzinger, PDG de l'assureur Homebrella, au 'Parisien'.

En Île-de-France, les loyers sont en effet 52% plus chers qu'ailleurs, d'après un récent rapport de la Fondation Abbé Pierre.

'SeLoger' a également publié son baromètre des loyers. En moyenne, les locataires de la capitale doivent débourser 1.619 euros par mois pour un logement non meublé. On est loin de la moyenne française, estimée à 722 euros par mois.

L'attestation employeur, la pièce la plus falsifiée

Face à ce phénomène, les propriétaires semblent déjà rodés et ont pris l'habitude de vérifier l'exactitude des informations données dans les dossiers. Contacté par 'Le Parisien', Jean-Marc Torrolion, le président de la fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), a affirmé que "la profession a l'expérience de l'analyse des documents. Nous appelons l'ancien propriétaire, l'employeur. Les fausses attestations, c'est le cas le plus fréquent".

D'après le sondage OpinionWay, les attestations employeurs sont en effet les pièces les plus falsifiées : 17% des jeunes ont recours à une modification de ce document et 17% envisagent aussi de le faire. Est suivi de près, à 16% de jeunes sondés, la falsification du statut d'activité (étudiant plutôt que jeune actif, homme/femme au foyer plutôt qu'entrepreneur ou au chômage, etc.). Enfin, certains d'entre eux (12%) ont même avoué avoir modifié leurs pièces d'identité.

©2019,

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