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Logement social : les demandeurs les plus pauvres sont les plus pénalisés

Logement social : les demandeurs les plus pauvres sont les plus pénalisés

Plusieurs associations, dont la Fondation Abbé-Pierre et le Secours Catholique, ont pointé du doigt les difficultés d'accès au parc social des ménages les plus modestes...

Logement social : les demandeurs les plus pauvres sont les plus pénalisés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Cela peut paraître paradoxal, mais "plus un demandeur HLM est pauvre, moins il a de chance d'obtenir un logement social"... C'est du moins ce qu'affirment 6 associations humanitaires, qui ont publié une enquête menée à partir des données extraites du système national d'enregistrement de la demande de logement social, de l'analyse des dossiers de 96 ménages, "en principe prioritaires", mais "victimes de cette logique de refus", et d'entretiens avec des travailleurs sociaux.

Alors que la vocation première du logement social est d'accueillir les ménages les plus modestes, le rapport, mis en ligne par la Fondation Abbé-Pierre, le Secours Catholique, Habitat et Humanisme ou encore l'Association DALO, souligne qu'un ménage qui gagne entre 342 et 513 euros chacun par mois a 30% de chance en moins d'obtenir un HLM que ceux qui gagnent entre 1.026 et 1.368 euros par mois, "toutes choses égales par ailleurs".

Le directeur des études de la fondation Abbé-Pierre Manuel Domergue a expliqué à 'Ouest-France' que les raisons étaient tout d'abord "financières et économiques". "Les bailleurs sociaux estiment que si vous utilisez plus de 25% de vos revenus pour payer votre loyer, c'est un peu risqué... Qu'un ménage gagnant 600 ou 700 euros par mois aura du mal à payer un loyer de 200 ou 300 euros", a-t-il précisé.

"Les aides de l'Etat au monde HLM ont fondu depuis des années"

"Les logements sociaux les plus récents, construits depuis les années 80, sont en grande majorité trop chers pour les ménages à très bas revenus : car les aides de l'Etat au monde HLM ont fondu depuis des années alors que le prix du foncier et des travaux a augmenté", a-t-il également expliqué, ajoutant que le bailleur social doit alors "équilibrer financièrement son opération".

"Auparavant les aides personnalisées au logement (APL) apportaient aussi une aide plus importante aux familles pauvres. Mais les APL ont été rognées et cela ne suffit plus", a rappelé le directeur des études de la fondation Abbé-Pierre, qui a toutefois tenu à préciser que cela "ne veut pas dire que le parc social accueille des riches"...

15 propositions

Les associations ont formulé 15 propositions au gouvernement, dont la revalorisation des APL et la suppression du délai de carence. Cette mesure a d'ailleurs été adoptée le 4 juin dernier par le Sénat. Elle doit être prochainement examinée par l'Assemblée nationale. "Il faut que l'Etat joue son rôle pour satisfaire le droit au logement de toute personne", a estimé Manuel Domergue.

En 2018, 6,6 millions de ménages ont perçu une aide au logement (APL, ALF, ALS), rappellent les associations.

Parmi les autres propositions, les associations ont évoqué la création d'un fonds régional de baisse de quittance doté de 6 à 8 millions d'euros pour 1.000 logements. Elles réclament également la construction de plus de logements sociaux, en mobilisant notamment plus "d'aides à la pierre" et d'"outils de mobilisation foncier"...

©2020,

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