Levées de fonds en 2022 : "retour à la rationalité après deux années d'euphorie"

Levées de fonds en 2022 : "retour à la rationalité après deux années d'euphorie"

Baromètre des levées de fonds In Extenso Innovation Croissance et ESSEC Business School - synthèse de l'année 2022.

Levées de fonds en 2022 : 'retour à la rationalité après deux années d'euphorie'
Crédit photo © BCE

(Boursier.com) — Après un 1er semestre exceptionnel pour la Tech française et européenne, la décrue amorcée dès le 3ème trimestre, en Europe comme en France, s'est confirmée au 4ème trimestre rapporte le Baromètre des levées de fonds In Extenso Innovation Croissance et ESSEC Business School, selon la synthèse de l'année 2022.

Le second semestre atteste ainsi de la bascule de l'euphorie à la recherche de plus de rationalité de la part des investisseurs... Pour autant, 2022 a constitué une année exceptionnelle pour la French Tech en termes de montants investis (13,6 MdsE) surpassant même le niveau record de 2021 (11 MdsE), malgré les fortes perturbations (guerre en Ukraine, crise énergétique, flambée des prix, accélération du changement climatique...) qui ont ébranlé la confiance des investisseurs.

Les points clés qui ont marqué 2022

- Après un record sur les levées de fonds en "late stage", ce segment ralentit fortement, du fait d'un comportement attentiste de la part des fonds positionnés sur ce segment.

- L'ajustement sur les valorisations, qui a démarré sur le segment du late stage au début 2022, se propage à l'"early stage" depuis la fin de l'année. L'incertitude sur les valorisations contribue à diminuer le nombre d'opérations, certaines sociétés préférant décaler (lorsqu'elles en ont la possibilité) leur tour de table plutôt qu'acter une valorisation "flat ou un down round".

- Le segment des "DeepTech" est moins volatile : il a moins profité de l'exubérance de la Tech généraliste mais résiste mieux au ralentissement. Ce sont généralement des investisseurs spécifiques qui adressent ce segment.

- Les investisseurs attendent désormais de leurs participations qu'elles atteignent rapidement une rentabilité préférentiellement à la recherche de la croissance, ce qui commence à se traduire par des premiers plans de licenciement y compris au sein de sociétés ayant récemment levé des fonds substantiels.

"2022 est une année atypique, caractérisée par une euphorie constatée lors du premier semestre, contrastant avec un net ralentissement sur la seconde partie de l'année. Cette fin d'année marque un retour aux fondamentaux, avec une place plus centrale de la rentabilité dans les thèses d'investissements, et une attention particulière aux valorisations très chahutées. La French Tech se distingue à la fois en nombre d'opérations (+11%), en montants levés (+23%) et fait la part belle au financement d'amorçage (+9%). Avec de fortes réserves disponibles pour investir, gageons que les investisseurs se montrent très dynamiques et confiants en 2023" commente Patricia Braun Présidente - Associée In Extenso Innovation Croissance.

"Le vent a tourné en un an. Après des années de vent arrière où l'innovation débridée et la conquête de marchés étaient permises par une disponibilité de capitaux privés sans précédent, les entrepreneurs doivent désormais naviguer vent de face et apporter des preuves tangibles de développement pour lever des fonds... Les opportunités à saisir restent toujours aussi nombreuses, en particulier face aux enjeux environnementaux et technologiques, et le "dry powder" disponible chez les VC n'a jamais été aussi élevé. Mais les règles ont changé" conclut Nicolas Landrin Executive Director, Center for Entrepreneurship & Innovation ESSEC Business School

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