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Les "pépites" de la technologie chinoise sur la liste noire de Washington

Les "pépites" de la technologie chinoise sur la liste noire de Washington

Les Etats-Unis ont placé mardi 28 entités chinoises, dont 8 sociétés high-tech, sur liste noire. L'annonce menace de faire capoter les négociations commerciales, qui doivent reprendre jeudi entre Washington et Pékin après deux mois d'interruption...

Les 'pépites' de la technologie chinoise sur la liste noire de Washington
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que les négociations commerciales doivent reprendre jeudi entre les Etats-Unis et la Chine, Washington a frappé un grand coup en plaçant 28 entités chinoises, dont 8 de ses fleurons technologiques sur liste noire, où figure déjà le géant des télécoms Huawei et 70 de ses filiales...

Les Etats-Unis ont justifié cette décision par leur volonté de protester contre le traitement infligé aux Ouïghours, peuple musulman de Chine dans la province du Xinjiang. Furieuse, la Chine a accusé les Etats-Unis d'utiliser la question du Xinjiang "comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine".

La délégation chinoise toujours attendue à Washington jeudi

Dans ces conditions, les observateurs jugent que les chances sont minces de parvenir à un accord commercial lors des pourparlers qui doivent reprendre jeudi à Washington entre les deux plus grandes économies mondiales, après deux mois d'interruption...

Pour l'instant, une délégation chinoise de haut niveau, menée par le vice-Premier ministre Liu He, reste attendue jeudi aux Etats-Unis pour ces négociations, à quelques jours seulement de la date prévue par les Etats-Unis pour relever les droits de douane sur des milliers de produits chinois importés.

Le 11 septembre dernier, Donald Trump avait ainsi annoncé qu'il reportait au 15 octobre la hausse des tarifs douaniers portant sur 250 milliards de dollars de biens importés de Chine "en signe de bonne volonté". Les taxes passeraient alors de 25% à 30%.

Washington accuse Pékin de réprimer les Ouïghours du Xinjiang

Washington a donc créé la surprise mardi en annonçant le placement sur liste noire de 28 entités chinoises, dont 8 sociétés technologiques ainsi que des organisations gouvernementales impliquées dans la surveillance au Xinjiang, une région à majorité musulmane.

"Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas et ne toléreront pas la répression brutale des minorités ethniques à travers la Chine", a expliqué le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

En complément, les Etats-Unis ont annoncé mardi des "restrictions" dans l'octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois accusés d'être "responsables" d'une "campagne de répression" contre les musulmans ouïghours au Xinjiang.

8 "technos" chinoises "blacklistées", dont le leader mondial de la vidéo-surveillance

La décision vise 20 bureaux de sécurité publique chinois et huit entreprises, dont la société de vidéosurveillance Hikvision, qui n'est autre que le plus grand fabricant mondial d'équipement de vidéosurveillance.

Deux leaders de la technologie de reconnaissance faciale, SenseTime Group et Megvii Technology sont également "blacklistés", ainsi que la société de reconnaissance vocale iFlytek, le fabricant d'équipements de surveillance Zhejiang Dahua Technology, le fabricant de produits pour la criminalistique de données numériques Xiamen Meiya Pico Information et la société Yixin Science and Technology.

Toutes les entités visées ont désormais interdiction d'acheter des composants à des sociétés américaines sans l'approbation du gouvernement américain. Washington avait déjà placé le géant chinois des télécoms Huawei et 70 de ses filiales sur cette liste noire en mai dernier.

"Pas de problèmes de droits de l'Homme" au Xinjiang, selon Pékin

Cette décision américaine a provoqué assez logiquement la colère de Pékin, qui voit d'un très mauvais oeil ses plus beaux fleurons technologiques interdits de commercer avec les Etats-Unis. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang a annoncé que "la Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue", à la décision américaine, affirmant qu'il n'y avait pas "de problèmes de droits de l'Homme" au Xinjiang, contrairement à ce qu'affirme Washington.

Geng Shuang a en outre accusé les Etats-Unis d'utiliser la question du Xinjiang "comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine".

Lundi déjà, les doutes s'étaient insinués au sujet des négociations, après un article de presse affirmant que la Chine aurait réduit le nombre des sujets dont elle est disposée à discuter, en excluant notamment toute réforme de sa politique industrielle, ainsi que la question des subventions d'Etat.

Donald Trump veut un accord complet, sinon rien

Or, la semaine dernière, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis n'accepteraient qu'un accord complet, "un bon accord", ou pas d'accord du tout. Et, selon le président américain, les Etats-Unis sont au contraire en position de force. "La Chine veut vraiment un accord", car les tarifs douaniers imposés par Washington sont en train de tuer son économie", a-t-il répété.

De fait, l'économie chinoise envoie des signes de faiblesse de plus en plus visibles. Parmi ceux-ci, l'activité dans le secteur manufacturier s'est contractée en septembre pour un cinquième mois consécutif. L'activité dans les services a cependant continué de croître, permettant d'atténuer les effets néfastes des tensions commerciales sur l'économie du pays.

L'économie américaine a jusqu'ici mieux résisté, mais la croissance y ralentit également. L'indice ISM manufacturier est tombé en zone de contraction en août et en septembre, et l'indice des services a ralenti, de même que le marché de l'emploi en septembre, même si un atterrissage brutal n'est pas encore constaté...

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