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Les Français jugent sévèrement la mondialisation...

Les Français jugent sévèrement la mondialisation...

La mondialisation est pour les sondés synonyme de pauvreté, de chômage, d'inégalités et d'uniformisation culturelle, selon le sondage que vient de publier OpinionWay pour le printemps de l'économie...

Les Français jugent sévèrement la mondialisation...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Interrogés par OpinionWay, à l'occasion du 6ème Printemps de l'économie, 60% des sondés ont une mauvaise opinion de la mondialisation, voire une très mauvaise opinion pour 14% d'entre eux... Ce sont surtout les personnes âgées de 50 ans et plus qui craignent à 69% la mondialisation, contre 50% pour les moins de 35 ans.

"Alors que l'Union européenne est sur le point de signer une série de traités de libre-échange, ce sondage montre combien la mondialisation suscite de la méfiance pour la plupart des Français" commente Rémi Jeannin, Professeur de sciences économiques et sociales en classe préparatoires et vice-président du Printemps de l'économie. Preuve, les mots qui lui sont associés, "argent" et "commerce" bien sûr, mais aussi "uniformisation", "pauvreté ", "chômage", laissent planer un vent de défiance et de protectionnisme...

Conséquences néfastes

"Si, aux yeux des Français, l'Asie et l'Amérique du Nord sont, sans surprise, les grands gagnants de la mondialisation, plus d'un sondé sur deux (55%) juge que celle-ci a plutôt des effets négatifs sur tous les autres pays, y compris l'Europe. Principale critique : les conséquences néfastes sur l'emploi et les salaires" décrypte Frédéric Michaud, directeur des études chez OpinionWay.

Plus encore, au-delà des inégalités qu'elle engendre, la mondialisation nuit à l'environnement et favorise l'uniformisation des modes de vie alors qu'elle ne contribue que partiellement à l'amélioration des conditions de vie. "Ce sentiment d'inégalités galopantes alimente le souhait des Français de renforcer les règles du commerce international et notamment d'imposer des normes plus strictes sur les produits en circulation" commente Frédéric Michaud.

Réticences affichées

En effet, deux tiers des Français (66%) souhaiteraient que des règles plus strictes soient imposées sur les produits en circulation, quand seulement 13% des sondés se prononcent pour une ouverture totale...

La même réticence est de mise lorsqu'il s'agit de juger les institutions chargées de réguler la mondialisation.

La contribution de la mondialisation au développement, et notamment à l'atteinte des objectifs de Développement Durable promus par l'ONU, semble, en effet, limitée aux yeux des Français... Moins de la moitié d'entre eux (47%) estiment qu'elle contribue à élever le niveau de l'éducation et 46% à l'amélioration de la santé. Ils se montrent encore plus mitigés sur sa contribution à la promotion de l'égalité hommes-femmes (33% contribue), à l'éradication de la faim (32%), à la réduction de la pauvreté (29%) et à la préservation de l'environnement (28%). Pour la pauvreté et pour la faim dans le monde, ces résultats montrent un ressenti clairement à rebours des évolutions mesurées...

En revanche, les personnes interrogées soulignent les effets positifs de la mondialisation sur le plan technologique : pour 71% d'entre elles, elle permet d'innover technologiquement.

Négative, la mondialisation n'en est par moins jugée inéluctable...

Les 3/4 des sondés considèrent qu'elle va s'étendre pour toucher tous les secteurs de l'économie, conduisant ainsi à une uniformisation des sociétés (54%) alors que 66% estiment que la mondialisation ne favorisera pas la paix dans le monde.

De quoi amplifier leurs inquiétudes quant à leur futur dans ce monde globalisé. C'est surtout pour les prochaines générations qu'ils s'inquiètent : 71% sont pessimistes pour leur avenir...

Les plus fragiles

Autre constat : les catégories les plus fragiles de la population, sont les plus critiques sur les effets néfastes de la mondialisation et se sentent également les plus démunies face à l'avenir.

Ainsi 58% des personnes issues de catégories populaires (contre 54% des personnes issues des catégories favorisées), 62% des personnes non diplômées (contre 46% des personnes ayant un diplôme supérieur à bac +2) et 57% des personnes ayant un niveau de revenu inférieur à 2.000 euros par mois (contre 51% des personnes gagnant 3.500 euros par mois ou plus) déclarent être pessimistes sur les perspectives d'avenir dans le contexte de la mondialisation.

"On connaissait depuis longtemps le pessimisme des catégories populaires sur ces questions. Les résultats n'ont ici rien d'étonnant. Mais, nouveauté, le sondage montre à quel point l'écart se resserre entre catégories populaires et favorisées, entre supposés perdants et supposés gagnants de la mondialisation. Le ressenti pessimiste gagne fortement les catégories les plus favorisées, qualifiées, les mieux rémunérées" note Pierre-Pascal Boulanger, président-fondateur du Printemps de l'économie. Seule note d'optimisme, les jeunes générations semblent moins remettre en question le processus de mondialisation que leurs aînés.

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