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Les avis partagés sur les emplois d'avenir, présentés aujourd'hui en Conseil des ministres

Les avis partagés sur les emplois d'avenir, présentés aujourd'hui en Conseil des ministres

La mesure, présentée demain en Conseil des ministres fait débat...

Les avis partagés sur les emplois d'avenir, présentés aujourd'hui en Conseil des ministres
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Au moment où la France compte près de 3 millions de chômeurs, le gouvernement a placé l'insertion des jeunes dans le monde du travail, en tête de ses priorités. Les "emplois d'avenir", contrats de travail subventionnés pour jeunes sans qualification, seront examinés ce mercredi en Conseil des ministres. Mais la mesure est-elle réellement appropriée au contexte économique actuel ?

Ces contrats de travail pour les jeunes chômeurs de longue durée, seront subventionnés par l'Etat - à hauteur de 75% pour les associations - pour une durée comprise entre 1 et 3 ans, et concerneront les jeunes de 16 à 25 ans sans qualification ou peu qualifiés. Ils viseront également en priorité les habitants de zones urbaines sensibles (Zus). Les entreprises pourront également y recourir, mais la subvention étatique sera moins élevée, avait indiqué la semaine passée le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault sur RMC.

L'héritage des emplois jeunes : des résultats plutôt encourageants
Ces contrats d'avenir rappellent étrangement les "emplois jeunes" crées en 1997 et qui ont eu cours jusqu'en 2002, sous le gouvernement de Lionel Jospin. Si le dispositif a été critiqué par l'opposition, les résultats d'une étude menée par le ministère du Travail en 2006 sont plutôt positifs. Les "trois quarts des jeunes embauchés début 1999 en "emploi jeune" dans une collectivité locale, un établissement public ou une association et restés au moins deux années en poste ont occupé un emploi immédiatement après leur sortie du dispositif", notent les auteurs de l'étude. Ils soulignent par ailleurs, qu'un an et demi après la fin de leur emploi aidé, 9 jeunes sur 10 était en contrat et 7 sur 10 avaient obtenu un CDI.

Les limites du dispositif
Ces emplois ont, semble-t-il, facilité l'insertion des jeunes ou plutôt de certains jeunes, sur le marché du travail. Régulièrement, la Cour des comptes reproche aux dispositifs successifs de contrats aidés de ne pas cibler les publics initialement visés. Ces emplois jeunes auraient en effet bénéficié aux diplômés, les jeunes issus des quartiers défavorisés et sans qualification, représentant moins d'un cinquième des embauchés.

Par ailleurs, si la mesure a fonctionné par le passé, le contexte économique a nettement changé... Dans une étude publiée au début du mois d'août, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a jugé l'impact de cette mesure limité, notamment en raison des "effets d'aubaine". D'après ses estimations, la mesure permettrait de créer à terme 107.300 emplois contre 150.000 visés par le gouvernement. Dans un entretien accordé au journal 'Libération', le 22 août dernier, Pierre Boisard, sociologue à L'IDHE - Institutions et dynamiques historiques de l'économie de l'ENS Cachan, pense, au contraire que les contrats proposés par le gouvernement sont adaptés à la situation économique actuelle. Selon lui, trois solutions s'offrent au gouvernement : aucune intervention de l'Etat, "faire des efforts sur l'innovation, la recherche et le développement : c'est dans le programme du gouvernement, mais les effets se feront sentir à plus long terme" ou "agir à très court terme, et dans ce cas, la seule marge de manoeuvre, ce sont les emplois aidés".

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