Accueil
»
Actualités
»
Economie
»
Consultation

Les aides au logement alimentent la hausse des loyers...

Les aides au logement alimentent la hausse des loyers...

D'après une étude de l'INSEE

Les aides au logement alimentent la hausse des loyers...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les aides au logement sont elles une source de tension sur le marché locatif ? En théorie, les APL, ALF et autres ALS doivent permettre aux ménages bénéficiaires de limiter leur effort financier consacré au logement ou du moins d'accéder à taux d'effort égal à des logements de meilleure qualité...

5,7 millions de bénéficiaires

Ces dernières années, les aides ont d'ailleurs été considérablement augmentées... Une publication d'Insee Analyses note qu'en 28 ans, elles ont quintuplé passant de 3 milliards d'euros en 1984 à près de 16 milliards d'euros en 2012. A titre de comparaison, le PIB a été multiplié par 1,75 sur la période selon nos calculs. L'effort de l'Etat en direction des locataires s'est donc considérablement accru... Cela tient notamment à la forte hausse du nombre de bénéficiaires au début des années 1990. En 2012, environ 5,7 millions de ménages ont reçu une aide au logement (1 foyer sur 5).

Des loyers qui augmentent...

Pourtant, d'après les auteurs de l'étude, les aides au logement ne produiraient pas les effets escomptés. Lorsqu'elles conduisent les ménages à rechercher des logements de meilleure qualité (à taux d'effort constant), elles ont pour conséquence d'augmenter la demande des locataires... Or si l'offre ne s'adapte pas, "ces aides, au lieu de bénéficier aux ménages allocataires, peuvent entraîner une hausse du prix des loyers", indiquent-ils.

Loin de s'en tenir à formuler cette hypothèse, l'étude propose une évaluation de l'impact inflationniste des aides au logement. Elle compare pour la période 2005-2012 le marché locatif privé de la Zone II à celui de la Zone III. La Zone II correspond globalement aux villes de plus de 100.000 habitants et bénéficie d'aides accrues par rapport à la Zone III (reste du territoire). Afin d'obtenir des données comparables, l'étude se concentre donc sur les villes autour de ce seuil de 100.000 habitants (pour les deux zones).

Effet inflationniste

Il en ressort - toutes choses égales par ailleurs - que le loyer au m(2) est supérieur de 5,3% dans la zone II. En revanche, la surface moyenne y est inférieure (-2,3%), la qualité des logements y est comparable à celle de la Zone III et la part de logements locatifs privés n'y est guère plus élevée qu'en Zone III (+0,3 point). Il y aurait donc bien un effet inflationniste des aides sur les loyers. Pour appuyer son propos, l'étude cite aussi des travaux menés en France et dans d'autres pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Finlande) qui aboutissent aux mêmes conclusions.

Seule nuance à apporter, certaines de ces études quantifient la part de l'aide absorbée par les hausses de loyers. Elle fluctue entre 60% et 80%. Autrement dit, les aides profitent bien à leurs bénéficiaires mais dans des proportions limitées...

©2014-2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !