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Le volailler Doux une nouvelle fois au bord du gouffre

Le volailler Doux une nouvelle fois au bord du gouffre

En difficulté de façon récurrente depuis de longues années, le spécialiste du poulet Doux devrait être placé en liquidation judiciaire début avril. Un groupe volailler ukrainien propose de reprendre partiellement les activités du groupe.

Le volailler Doux une nouvelle fois au bord du gouffre
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La direction de Doux a annoncé vendredi aux délégués syndicaux qu'elle allait demander prochainement son placement en liquidation judiciaire. Selon les syndicats, le tribunal de Commerce de Rennes étudiera cette demande le 3 avril et rendra sa décision le lendemain, dans le cadre d'une procédure accélérée.

"La direction nous a annoncé son intention de demander la liquidation judiciaire avec une période de poursuite de l'activité en avril et en mai", a indiqué une source syndicale, à l'issue du CCE qui s'est tenu vendredi au siège du groupe à Châteaulin, dans le Finistère.

Le n-1 ukrainien du poulet propose une reprise partielle

Parallèlement, les négociations se poursuivent avec MHP, le premier producteur de produits avicoles ukrainien, qui est intéressé par une reprise partielle de la société française.

Doux, qui emploie actuellement 1.200 personnes, se bat pour sa survie depuis 2012, lorsque le groupe breton avait été placé en redressement judiciaire, et avait dû supprimer 1.000 postes. Depuis, le groupe fait l'objet d'un "plan de continuation", et a connu un retour à la croissance et la rentabilité fin 2014, ce qui lui a permis d'embaucher 200 salariés en 2015.

Grippe aviaire, euro fort, et concurrence brésilienne

Depuis, le spécialiste de l'exportation de poulets congelés vers le Moyen-Orient et l'Afrique, est cependant retombé dans le rouge, plombé par plusieurs facteurs négatifs. Les épidémies de grippe aviaire lui ont fermé certains marchés, la concurrence des producteurs brésiliens s'est accrue et la parité euro-dollar défavorable, en raison d'un euro fort, a réduit la compétitivité de la société française à l'exportation.

Doux avait annoncé en septembre dernier son intention d'engager une nouvelle stratégie, sous réserve de trouver des investisseurs pour un montant de 100 millions d'euros afin de réorienter son modèle économique.

28 mars, date limite pour l'offre ukrainienne

A ce sujet, le groupe a fait savoir vendredi aux syndicats que les discussions se poursuivaient avec le géant de la volaille ukrainien MHP, qui est intéressé par une reprise partielle de Doux. La date limite pour le dépôt d'une offre a été fixée à mercredi prochain, le 28 mars. Si MHP finalise son offre, celle-ci sera examinée par le tribunal de commerce de Rennes.

Si l'offre de reprise de MHP est retenue, elle pourrait prendre effet dès la mi-mai avec, à terme, la délocalisation de la production de poulets standards en Ukraine. MHP n'a pas l'intention de reprendre le site de Chantonnay (Vendée), qui emploie 300 personnes dont 150 intérimaires. Quant au site de Châteaulin, il serait repris, mais ne conserverait à terme que la production de poulets frais haut de gamme qui ne représente aujourd'hui qu'une toute petite partie de son activité, ont fait savoir les syndicats.

©2018,

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