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"Le tout TGV" est à bout de souffle, selon la Cour des comptes

"Le tout TGV" est à bout de souffle, selon la Cour des comptes

Elle prône un nouveau modèle, alors que la rentabilité des LGV est souvent surévaluée...

'Le tout TGV' est à bout de souffle, selon la Cour des comptes
Crédit photo © Michaela Rehle

(Boursier.com) — Le "tout TGV" a ses limites ! Trafic stagnant, coûts de moins en moins soutenables et développement d'offres concurrentes doivent pousser la SNCF et les pouvoirs publics à repenser la stratégie, prévient la Cour des comptes dans un rapport dont nous évoquions le projet récemment...

Le TGV n'est pas toujours compétitif

Le succès technique et commercial du train à grande vitesse a conduit la France à développer son réseau de manière importante, sans que cela soit toujours réellement intéressant pour les collectivités et les voyageurs. La Cour note en effet que le TGV n'est vraiment compétitif "en termes de parts de marché du trafic total entre deux villes, que pour des durées de trajet comprises entre une heure trente et trois heures, soit des distances de 350 à 600 ou 700 km. En deçà, la voiture l'emporte, au-delà, c'est l'avion". Pourtant, plutôt que d'entretenir le réseau existant, les pouvoirs publics ont encouragé la construction de nouvelles lignes, dont l'évaluation de la rentabilité est bien souvent optimiste et dont le financement devient insoutenable. Le coût de construction est ainsi passé de 4,8 millions d'euros par kilomètre en 2003 pour Paris-Lyon à 26 millions aujourd'hui...

Les ressources des collectivités - qui participent étroitement au financement de ces lignes - sont de plus en plus fragiles (baisse des dotations notamment), les capacités budgétaires de l'Etat également (via l'AFITF), et la rentabilité de la SNCF recule, menaçant le modèle économique existant. Il convient donc de le revoir, en desservant moins de gares et en entretenant le réseau existant, mais pas seulement.

De nouveaux acteurs

Avec le développement du covoiturage et du low-cost aérien, la SNCF fait face à une concurrence de plus en plus rude. Si son trafic passagers stagne depuis cinq ans, les Sages de la rue Cambon redoutent surtout une baisse dans les années à venir. Jusque là, la SNCF a bénéficié des restrictions législatives qui s'appliquent pour les lignes d'autocars longue distance. Or, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron a annoncé la "libéralisation de l'offre de services de bus" sur tout le territoire, dans le cadre de son projet de loi pour l'Activité.

La Cour recommande donc à la SNCF de développer ses services en la matière. ID Bus propose aujourd'hui quelques liaisons seulement comme le Paris-Lille, Lyon-Montpellier ou Nîmes-Lyon. Pour ce qui est du covoiturage, la société a aussi lancé ID-Vroom.

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