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Le prix Nobel Paul Krugman indigné par la conversion “social-libérale” de François Hollande

Le prix Nobel Paul Krugman indigné par la conversion “social-libérale” de François Hollande

L'économiste estime que François Hollande défend désormais une économie de l'offre...

Le prix Nobel Paul Krugman indigné par la conversion “social-libérale” de François Hollande
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Jusqu 'ici, le Prix Nobel d'économie Paul Krugman avait toujours défendu la France contre le “French bashing” à la mode parmi les économistes libéraux... Mais le récent virage “social-libéral” de François Hollande en faveur de l'économie de l'offre lui est resté en travers de la gorge ! Dans sa dernière tribune libre, publiée vendredi par le 'New York Times', l'économiste néokeynésien accuse carrément le président français d'avoir “fait quelque chose de proprement scandaleux”, en se ralliant à une politique libérale qui, selon lui, empêche l'Europe de retrouver une croissance économique dynamique...
Un discours "choquant"
L'économiste estime “choquant” de voir François Hollande “embrasser les doctrines de droite discréditées. Ceci est un rappel que les maux de l'Europe ne peuvent être uniquement attribués aux mauvaises idées de la droite. Certes, des conservateurs insensibles et mal avisés ont mené les politiques européennes d'austérité, mais des hommes politiques de la gauche modérée, mous et brouillons, les y ont encouragé et leur ont facilité la tâche...”, dénonce M. Krugman.
François Hollande "rejoint la reculade ambiante"
Dans ce contexte, le ralliement de François Hollande à l'idée qu'il faut agir sur l'offre (en baissant les charges des entreprises notamment) plutôt que la demande (en stimulant le pouvoir d'achat) montre que contrairement aux espoirs suscités lors de son élection, le président de la 2ème économie européenne a finalement “rejoint la reculade ambiante, une reculade qui s'est achevée par un effondrement intellectuel (du centre-gauche européen). Et ainsi, la seconde grande dépression de l'Europe n'en finit plus de durer”, conclut Paul Krugman, qui a reçu le Prix Nobel en 2008 pour ses travaux sur les effets des économies d'échelle sur le commerce international et la localisation des activités économiques.
Défenseur de la France
Paul Krugman est cependant l'un des premiers à défendre la France contre ceux qui dénoncent son immobilisme présumé et le poids de l'Etat sur l'économie hexagonale. Dans plusieurs articles, il a récemment estimé que l'économie française ne se portait pas si mal comparée à d'autres pays européens (hormis l'Allemagne), et il avait notamment dénoncé en novembre dernier la nouvelle dégradation de la France par Standard & Poor's, qui avait ramené la note de la dette souveraine de "AA+" à "AA". "Ne prenez pas cette dégradation comme la démonstration que quelque chose ne va vraiment pas dans l'état de la France. Cela tient davantage de l'idéologie que d'une analyse économique défendable", avait-il notamment estimé.  
 
L'économiste s'inquiète que l'Europe n'ait retrouvé qu'une croissance anémique après 5 ans de crise économique, alors qu'elle avait réussi à s'extraire de la Grande dépression des années 1930 en rompant avec l'orthodoxie économique, “en renonçant par exemple à l'étalon-or, à l'obsession de l'équilibre budgétaire et en relançant l'activité industrielle (militaire)”. Cette fois, les gouvernements s'accrochent aux politiques orthodoxes, regrette l'économiste : “par exemple, personne n'a abandonné l'euro, même s'il s'agit d'une “camisole de force”, et comme il n'y a pas besoin d'augmenter les dépenses militaires, personne n'a brisé l'orthodoxie budgétaire”, ce qui a prolongé les effets négatifs de la crise selon lui...

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