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Le Parlement britannique a dit enfin "yes" au Brexit !

Le Parlement britannique a dit enfin "yes" au Brexit !

Trois ans et demi après le référendum de juin 2016 qui a ouvert la voie du Brexit, le Parlement britannique a enfin approuvé, vendredi, le texte qui doit acter la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne le 31 janvier 2020.

Le Parlement britannique a dit enfin 'yes' au Brexit !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après plus de trois ans de tergiversations et de blocages politiques au Royaume-Uni, l'accord de sortie de l'Union européenne a enfin été adopté, vendredi, par le nouveau Parlement britannique issu des élections législatives du 12 décembre... Celles-ci ont donné une large majorité au Premier ministre conservateur Boris Johnson, en vue de mettre en oeuvre le Brexit au 31 janvier 2020.

La chambre des communes a approuvé vendredi par 358 voix pour (234 contre) le projet de loi traduisant dans la loi l'accord de divorce négocié avec Bruxelles. Dans l'élan créé par les législatives, la chambre s'est réunie exceptionnellement un vendredi pour lancer le processus du Brexit avant sa pause de Noël.

Bruxelles salue une "étape importante"

"Nous avons fait un pas de plus vers le Brexit", s'est félicité Boris Johnson sur Twitter après le vote. "Aujourd'hui, nous réalisons la promesse que nous avons faite au peuple et emballons le vote sur le Brexit pour Noël" avait-il auparavant déclaré.

A Bruxelles, le nouveau président du Conseil européen Charles Michel a salué "une étape importante" et averti qu'une "concurrence équitable" devait constituer la base de la relation que doivent nouer le Royaume-Uni et les 27 après le Brexit.

La livre sterling chute, craignant encore un "no deal"

Sur le marché des changes, la livre sterling a réagi en s'offrant un rebond technique (+0,2% à 1,3036$), qui ne fait toutefois pas oublier que la devise britannique vient de chuter de plus de 2% en quelques jours, les marchés financiers estimant que malgré les clarifications sur le Brexit, il subsiste un risque important que ce divorce se passe mal, sans accord commercial ("no deal") entre Londres et l'UE fin 2020.

Après le divorce légal qui interviendra le 31 janvier prochain, s'ouvrira en effet une période de transition qui prend fin le 31 décembre 2020, et qui vise à rédiger l'accord commercial de libre-échange qui liera Londres et l'UE. Mais compte-tenu du retard pris par le processus du Brexit, les experts estiment qu'il sera difficile, voire impossible, de rédiger en seulement 11 mois un accord commercial global, secteur par secteur, entre Londres et l'UE.

Boris Johnson déterminé à boucler le Brexit fin 2020

Or, le Premier ministre Boris Johnson a intégré dans le texte qui a été voté vendredi une disposition interdisant tout report de cette période de transition, alors qu'en principe, cette période est prolongeable une fois d'un an ou deux, à condition que la demande soit faite à Bruxelles avant le 1er juillet 2020.

Mais Boris Johnson a affirmé vouloir tenir sa promesse de rendre le Brexit effectif le plus vite possible, car pendant toute la période de transition, les Britanniques devront continuer d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier, alors qu'ils n'auront plus de siège dans les institutions européennes ni aucun mot à dire sur les décisions de l'UE.

L'industrie automobile demande à Boris Johnson de conclure un accord

Après le vote de vendredi, le texte pourrait cependant encore évoluer : il doit faire l'objet de débats plus détaillés à partir du 7 janvier, en vue de son adoption finale espérée par gouvernement dès le 9 janvier. Une fois l'assentiment de la reine reçu, il ne restera alors plus qu'au Parlement européen de le ratifier pour que le Royaume-Uni sorte de l'Union européenne le 31 janvier, 47 ans après l'avoir rejointe.

Vendredi, la fédération professionnelle du secteur automobile britannique a appelé Boris Johnson à conclure un accord de libre-échange avec l'UE, afin d'éviter des droits de douane pour l'industrie qui souffre déjà des incertitudes. La production automobile britannique a chuté de 14,5% sur les onze premiers mois de l'année, à 1,2 million de véhicules.

La Banque d'Angleterre change de patron pendant le Brexit

Par ailleurs, les innombrables soubresauts politiques sur la voie vers le Brexit avaient retardé la nomination d'un nouveau gouverneur de la Banque d'Angleterre. C'est chose faite depuis vendredi, avec la nomination d'Andrew Bailey, actuel patron de l'autorité de régulation financière britannique. Il remplacera le 16 mars 2020 Mark Carney qui, nommé pendant l'été 2013 pour 5 ans, a vu son mandat plusieurs fois prolongé afin de piloter le pays vers le Brexit, dont les effets sur l'économie britannique restent difficiles à mesurer à long terme.

Mark Carney avait rapidement abaissé les taux directeurs de la BoE, à 0,25%, juste après le référendum de 2016, afin d'aider l'économie à franchir le cap, avant de les relever progressivement, jusqu'à 0,75% actuellement, pour maîtriser l'inflation provoquée par la baisse de la livre sterling. Il est parvenu à rassurer les marchés en répétant que la Banque centrale était prête à tout pour stabiliser l'économie en cas de Brexit désordonné, tout en jugeant une telle hypothèse peu probable.

Une croissance en ralentissement depuis 2016

Ce jeudi, la Banque d'Angleterre a laissé sa politique monétaire inchangée, en expliquant qu'il était encore trop tôt pour mesurer l'impact de la baisse des incertitudes concernant le Brexit, avec la victoire du Parti conservateur aux législatives, sur l'économie britannique.

Vendredi, la croissance de l'économie britannique a été revue en légère hausse au troisième trimestre, à 0,4% contre 0,3% en première estimation, mais elle a nettement ralenti ces dernières années, passant de 1,9% en 2016 (année du référendum sur le Brexit) à 1,2% prévu en 2019, et autour de 1% attendu en 2020 par les économistes.

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