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Le marché français de l'assurance reste No1 en zone euro !

Le marché français de l'assurance reste No1 en zone euro !

Les primes d'assurance ont progressé de 3,3% dans le monde pour atteindre 3.655 milliards d'euros en 2018...

Le marché français de l'assurance reste No1 en zone euro !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Selon les projections d'Allianz Research, le volume global de primes d'assurance s'est élevé à 3.655 Milliards d'euros en 2018 (hors assurance santé). Par rapport à 2017, la hausse nominale corrigée des effets de taux de change ressort à 3,3%...

C'est la troisième année consécutive que le rythme de la croissance des primes mondiales accuse un retard par rapport à la croissance du PIB nominal mondial, qui a été de +5,7% en 2018). C'est même la 12ème fois sur les 15 dernières années que ce genre de retard est observé. Le taux de pénétration de l'assurance (primes en pourcentage du PIB) est ainsi tombé à 5,4%, la valeur la plus faible de ces 30 dernières années, ce qui implique que les risques non couverts sont de plus en plus nombreux.

Pour la troisième année consécutive, la croissance de l'assurance IARD a dépassé celle de l'assurance vie au niveau mondial (+4,7% contre +2,5%) en 2018. En 2018, les Etats-Unis ont été les premiers contributeurs au +3,3% de croissance mondiale des primes d'assurance, pour +1,4pp soit un peu moins de la moitié. Le Japon a également connu une année plutôt bonne, en contribuant pour +0,4pp à la performance globale...

Maillon manquant

A contrario, la Chine a été le maillon manquant en 2018, ne contribuant plus du tout à la croissance mondiale des primes d'assurance (contre plus de la moitié en 2017), alors que ce maillon manquant avait été l'Europe en 2016 et les Etats-Unis en 2017.

La contraction de l'activité d'assurance vie est à l'origine de cette piètre performance chinoise, en raison d'une supervision devenue plus étroite à l'encontre des intermédiaires d'assurance vendant des produits de gestion de fortune...

"L'année 2018 ne marque pas la fin de la croissance asiatique, bien au contraire. La supervision plus stricte en Chine est plus que souhaitable. C'est une condition préalable à un développement plus équilibré et durable, même si cela signifiera une croissance moins forte de ce compartiment de marché" a commenté Ludovic Subran, Chef économiste adjoint du groupe Allianz. "Les progrès technologiques sur le marché sont stupéfiants. La Chine est à la pointe des applications de l'IA, de solutions de paiement innovantes et d'écosystèmes numériques. La Chine est le marché à surveiller. Ce pays augure de l'avenir de notre secteur" ajoute-t-il...

Assurance dommages en forme

En 2018, les assureurs européens ont bénéficié d'une augmentation de 2,1% des primes, le volume total de primes franchissant pour la première fois la barre des 1.000 MdsE. L'assurance dommages a enregistré une progression record de +3,1%, la croissance la plus forte depuis 2003. Le montant global des primes de cette branche à fin 2018 (328 MdsE) est ainsi de près de 16% supérieur au niveau d'avant crise.

En assurance vie, en revanche, le volume de primes n'a progressé que de 1,7%, mais à 674 MdsE, il a presque atteint le niveau d'avant crise (681 MdsE en 2007). L'assurance dommages représente une proportion stable du PIB - 2,1% en 2018 contre 2,3% en 2007 -, mais l'assurance vie a nettement reculé, passant de 5,6% (2007) à 4,4% du PIB en 2018.

Déclin de l'activité "vie"

"Le déclin de l'activité vie est important", a commenté Michaela Grimm, économiste chez Allianz Research. "Les causes sont multiples et varient d'un pays à l'autre. Les rendements sont structurellement faibles. L'assurance vie dépend encore trop des produits de taux, ce qui explique cette désaffection : une dépendance dont il faudra s'affranchir".

Sur le marché français de l'assurance, les primes encaissées (dommages et vie) n'ont progressé que de +1,1% en 2018. Si l'activité vie est restée déprimée (-0,2%), stagnant depuis 2015, l'activité dommages affiche une belle croissance de +3,6%, sa plus forte progression depuis 2012. Bien que le marché français ait connu en 2018 la plus faible croissance parmi les "Big Four" européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne et Italie), il reste numéro 2 en Europe (après la Grande-Bretagne) et No1 en zone euro, de presque 30% supérieur en termes de primes encaissées (IARD et vie) que le marché allemand...

À d'autres égards également, le marché français est un des premiers marchés d'Europe, avec un ratio primes par habitant de 3.102 euros et des primes qui représentent encore 8,6% du PIB en France, des niveaux largement supérieurs aux moyennes européennes (respectivement 2.395 euros et 6,5%).

Les perspectives à long terme sont plus favorables...

Allianz Research table sur une poursuite de la reprise des marchés de l'assurance, avec des prévisions de croissance mondiale des primes de +5% au cours de la prochaine décennie (après un taux de +3% sur la dernière décennie). Compte tenu de l'accélération de l'évolution démographique, en particulier sur les marchés émergents où les systèmes de sécurité sociale restent encore partiellement développés, l'assurance-vie devrait à nouveau croître un peu plus vite que l'activité IARD (+5,5% contre +4,4%).

Les prévisions de croissance pour l'Europe occidentale (dont la France) sont nettement inférieures - la région devrait enregistrer une croissance de près de +3% par an au cours de la prochaine décennie, tant en vie qu'en IARD. Ce chiffre est bien meilleur que celui enregistré au cours de la dernière décennie (+0,8% par an), marquée par la crise de 2008, puis la crise de la Zone Euro, mais également nettement inférieur au taux de croissance européen des années de la décennie précédant la crise (+5,5% par an). La grande inconnue reste, cependant, la numérisation de l'assurance...

"Le secteur de l'assurance est confronté à un bouleversement considérable qui va rebattre les cartes à l'avenir", a commenté Patricia Pelayo, économiste chez Allianz Research. " L'AI et les technologies qui y sont liées vont modifier le paysage de l'assurance. Mais l'effet sur la croissance des primes est équivoque : la baisse de fréquence des sinistres (meilleures gestion et prévention des risques) et la baisse des coûts d'exploitation et de distribution plaident en faveur d'une croissance plus lente des primes, mais la couverture d'un plus grand nombre de clients pourraient contrecarrer cet effet mécanique à la baisse de l'activité d'assurance : l'innovation produit (par exemple, l'assurance contre les risques "cyber") offrira des relais de croissance, tant et si bien qu'il est ténu de prédire quelle tendance prendra l'avantage".

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