»
»
»
Consultation

Le CDD, une trappe à précarité ?

Le CDD, une trappe à précarité ?

L'Insee s'est penché sur l'évolution de carrière des salariés du privé qui signent ce type de contrat...

Le CDD, une trappe à précarité ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'Insee se penche sur les contrats à durée limitée, en se demandant s'il s'agit de "trappes à précarité" ou plutôt de "tremplins pour une carrière"... Les CDD sont dans le viseur du gouvernement, qui veut imposer un bonus-malus aux entreprises qui en abusent. Il veut ainsi lutter contre la multiplication des contrats courts, qui représenteraient près de 9 milliards d'euros de déficit pour l'assurage chômage.

En France, 90% des salariés du privé sont en CDI, tandis que 7,8% occupent d'autres types de contrats à durée limitée - notamment différents types de contrats à durée déterminée (CDD) et des contrats aidés.

La proportion de contrats à durée limitée a nettement augmenté depuis près de 40 ans : de 4,5% en 1982, leur part dans l'emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) est passée à 11,5% en 2015 et désormais, 87% des nouvelles embauches (hors intérim) se font en contrat à durée déterminée (CDD), rappelle l'Insee.

Pas forcément d'accès au CDI

"Les situations des salariés initialement en contrats à durée limitée (hors intérim) en 2008 sont beaucoup plus diverses que celles des salariés initialement en CDI", estiment les auteurs de l'étude... Si 24% d'entre eux occupent un emploi en CDI dès l'année suivante, cette proportion augmente ensuite de manière modérée : seuls 47% d'entre eux sont employés en CDI sept ans plus tard. Et parmi eux, la majorité est employée par une entreprise différente de leur employeur principal en 2008.

Les CDD sont rarement employés par la même entreprise sur longue période, à cause des modalités légales de renouvellement de contrat, et ces mobilités ne s'accompagnent pas nécessairement d'un accès à un CDI. Les salariés en contrats à durée limitée en 2008 sont par ailleurs plus fréquemment employés par la suite par un particulier ou en tant qu'intérimaires.

"Au total, l'ensemble des différences de parcours selon le type de contrat en 2008 accrédite la thèse d'un effet dit de 'trappe à précarité', qui empêcherait une partie des salariés employés en contrats à durée limitée, comparés à ceux initialement en CDI, de nouer une relation d'emploi stable avec un employeur, et même de s'insérer sur le marché du travail", analyse l'Insee.

La salaire progresse plus lentement

Les CDD connaissent aussi davantage le chômage, à court terme comme à long terme : dès l'année qui suit la fin du contrat, ils sont 14% à être chômeurs indemnisés, contre 3% pour les salariés initialement en CDI. Les salariés en contrats à durée limitée doivent passent ensuite souvent par une période de chômage non indemnisé : 20% d'entre eux sont dans ce cas au bout de sept ans, contre 10% des salariés initialement en CDI.

Au total, 43% des salariés en contrats à durée limitée en 2008 ont été chômeurs indemnisés pendant au moins l'une des sept années suivantes (64% si l'on inclut les inactifs et les chômeurs non-indemnisés), soit environ deux fois plus que les salariés en CDI en 2008.

Et les salaires ? À caractéristiques individuelles identiques, les contrats à durée limitée bénéficient d'une rémunération équivalente à celle des CDI. Le salaire horaire d'embauche est même en moyenne légèrement supérieur à celui des salariés en CDI.

Problème : passer par des contrats à durée limitée freine la progression salariale, même pour les personnes qui parviennent à maintenir une relation continue à l'emploi salarié. Le salaire progresse plus lentement avec l'expérience qui s'effectue en contrats à durée limitée plutôt qu'en CDI, selon l'Insee...

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com