La transition énergétique "trop lente et en manque d'investissements", alerte l'AIE

La transition énergétique "trop lente et en manque d'investissements", alerte l'AIE

Le monde pourrait connaître des "turbulences" pour se fournir en énergie en raison d'une transition trop lente vers les énergies nouvelles, selon l'Agence Internationale de l'Energie. Les investissements sont loin d'être à la hauteur.

La transition énergétique 'trop lente et en manque d'investissements', alerte l'AIE
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Dans son dernier rapport annuel sur les perspectives énergétiques mondiales publié, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a lancé une sévère mise en garde contre le manque d'investissements dans les énergies nouvelles, une situation qui pourrait entraîner des "turbulences" sur les marchés énergétiques dans les prochaines années...

Selon l'AIE, les industriels n'investissent pas suffisamment dans les énergies renouvelables. A deux semaines de l'ouverture de la COP26 de l'ONU à Glasgow, l'Agence a ainsi averti que "la transition est trop lente". Si le monde n'investit pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres, il subira le réchauffement climatique, ainsi que des "turbulences" en matière d'approvisionnement, a prévenu l'organisme, émanation de l'OCDE chargée d'accompagner de nombreux pays.

"Les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devront tripler dans les dix ans, pour la neutralité carbone à 2050", a résumé le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

Investir massivement et rapidement dans les énergies propres

Le monde n'a pas non plus investi suffisamment dans les combustibles fossiles pour éviter une répétition des perturbations du marché de cette année, a estimé l'AIE. Ces dernières années, la dépréciation des prix du gaz et du pétrole a ainsi limité l'investissement dans ce secteur, quand, dans le même temps la transition vers des énergies propres est trop lente pour répondre à la demande, a expliqué l'AIE.

"Le risque plane de turbulence accrue pour les marchés mondiaux de l'énergie", a souligné M. Birol. "Nous n'investissons pas assez pour répondre aux besoins futurs, et ces incertitudes nous préparent à une période volatile. La façon d'y répondre est claire: investir massivement et rapidement dans les énergies propres", pour assurer les besoins de court et de long terme.

L'AIE a présenté trois scénarios possibles pour l'avenir :

1) Le statu quo : les énergies propres se développent progressivement, mais en raison de la hausse de la demande, l'industrie lourde continue d'émettre des polluants au niveau actuel. La demande d'énergie fossiles n'atteindrait alors son pic qu'en 2035 au plus tôt. Le réchauffement atteindrait alors 2,6 degrés par rapport au niveau pré-industriel, loin du 1,5 degré garantissant des impacts gérables.

2) Les Etats appliquent leurs engagements pris dans l'accord de Paris sur le climat, à commencer par la neutralité carbone pour plus de 50 d'entre eux, dont l'Union européenne. La demande de fossiles atteindrait alors son pic dès 2025 (via l'efficacité énergétique et un boom des voitures électriques). Mais la hausse des températures serait encore de 2,1 degrés.

3) La neutralité carbone, pour rester sous 1,5 degré de réchauffement, "qui demandera des efforts majeurs, mais offre des avantages considérables pour la santé comme le développement économique", a conclu l'AIE.

©2021

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