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La taxe carbone sur les carburants annulée pour un an

La taxe carbone sur les carburants annulée pour un an

La pause dans l'augmentation des taxes sur les carburants va durer non pas six mois, mais un an, a annoncé mercredi soir François de Rugy, le ministre de la Transition écologique. Le gouvernement espère enfin calmer la grogne des Gilets jaunes.

La taxe carbone sur les carburants annulée pour un an
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Reportée de six mois, mardi, par le Premier ministre Edouard Philippe, la hausse des taxes écologiques sur les carburants est finalement annulée pour une année entière.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy, invité mercredi soir sur 'BFM TV', a ainsi confirmé que les hausses de la taxe carbone sur les carburants "sont annulées pour 2019". L'information avait circulé dans l'après-midi de sources officieuses proches de l'Elysée.

Pas d'entourloupe...

"Comme ça il n'y a pas d'entourloupe", a expliqué François de Rugy. "Le président (Emmanuel Macron) je l'ai eu au téléphone il y a quelques minutes. Il m'a dit : 'les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait c'est une suspension mais hop ça reviendra après'", a ajouté le ministre lors d'un débat avec des "Gilets jaunes".

Avec cette annonce, le gouvernement espère calmer les esprits alors que de nombreux Gilets jaunes continuent d'appeler à manifester à Paris samedi prochain, faisant craindre de nouveaux débordements violents, après ceux de samedi dernier.

Face à ce danger, Emmanuel Macron a demandé mercredi lors du Conseil des ministres "aux forces politiques et syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme", a rapporté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Réunions des syndicats et du patronat prévues jeudi

Les syndicats et le patronat ont fait savoir qu'ils organiseront des réunions jeudi, chacun de leur côté. Les leaders des cinq organisations représentatives du privé (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC), ainsi que ceux de l'Unsa, la FSU et de Solidaires se rencontreront au siège parisien de la CFDT.

Côté patronal, les responsables du Medef, de la CPME, de l'U2P, de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) et de l'UDES (Unions des employeurs de l'économie sociale et solidaires) se rencontreront au siège du Medef, "pour faire le point sur la situation actuelle".

Le gouvernement craint une extension de la colère à d'autres secteurs, au moment où la FNSEA annonce que les agriculteurs vont eux aussi se mobiliser. Les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé pour leur part à la grève à partir de dimanche soir pour une durée indéterminée. La situation est également tendue dans les lycées.

Edouard Philippe explique ses annonces devant les députés

Mercredi après-midi, le Premier ministre Edouard Philippe s'est exprimé à l'Assemblée nationale, où il a lancé "un appel au calme" et "à la responsabilité". "Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions", a-t-il plaidé.

Le chef du gouvernement a soumis au vote de l'Assemblée une déclaration défendant son plan de sortie de crise présenté mardi, qui comprend l'abandon dans le budget 2019 de la hausse de la taxe carbone, un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver, et le renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été.

Edouard Philippe s'est aussi engagé à créer un comité d'experts pour évaluer la réforme de l'ISF, affirmant ne pas craindre ce débat, qu'il a jugé "nécessaire". Il a en revanche exclu que le vaste débat citoyen sur les impôts et les dépenses publiques débouche sur "la création de nouvelles taxes" ou "une augmentation des déficits". Sa déclaration a été approuvée par 358 voix contre 194.

©2018,

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