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La "Sécu" proche de l'équilibre pour la première fois depuis 2001

La "Sécu" proche de l'équilibre pour la première fois depuis 2001

Le déficit de la "Sécu" pourrait être ramené à seulement 300 millions d'euros cette année, au lieu des 2,2 milliards anticipés jusque-là, selon les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité sociale publiées mardi...

La 'Sécu' proche de l'équilibre pour la première fois depuis 2001
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le déficit de la Sécurité sociale est en train de fondre grâce à l'amélioration de la conjoncture économique, qui a gonflé les rentrées de cotisations sociales... Le déficit de la "Sécu" pourrait ainsi être ramené à seulement 300 millions d'euros cette année, au lieu des 2,2 milliards anticipés jusque-là, a indiqué mardi la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Il s'agirait du meilleur score affiché depuis près de 20 ans, en 2001.

Ces nouvelles prévisions (qui confirment des informations publiées la veille par le quotidien 'Les Echos'), concernent le régime général et le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), dont le déficit combiné avait atteint 5,1 MdsE en 2017. Au plus fort de la crise économique en 2010, le déficit du régime général et du FSV avait même dépassé les 27 MdsE...

Les créations d'emplois ont gonflé les cotisations sociales

L'amélioration tient à des recettes attendues désormais 2,8 milliards d'euros au-dessus de la prévision initiale. La meilleure tenue de la croissance économique, qui a permis de créer plus d'emplois a regonflé les rentrées de cotisations sociales depuis l'an dernier.

En outre, on attend une hausse plus forte que prévu des recettes tirées des prélèvements sur les revenus du capital, ainsi que des impôts, taxes et contributions sociales qui financent la Sécu, a expliqué la Commission.

Cependant, ce surplus de recettes sera diminué par des dépenses de prestations sociales supérieures de 0,7 milliard à la prévision de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) et par l'impact de la suppression de la cotisation des étudiants intervenue après le vote de la loi de financement, a précisé la Commission.

Autre bémol, la prévision est entachée "d'une incertitude à hauteur de 0,6 milliard d'euros" si le coût du crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires (CITS) n'est pas compensé à la Sécurité sociale via le budget de l'Etat. Au pire, le déficit de la Sécu pourrait donc atteindre 900 millions d'euros cette année.

Un équilibre durable à portée de main

Dans un communiqué, les ministres de la Santé et des Comptes publics se sont félicités de ces prévisions, qui permettent selon eux "d'envisager un équilibre durable des comptes de la Sécurité sociale comme le Premier ministre en a fixé l'objectif.".

"Les efforts de maîtrise de l'évolution de la dépense publique permettront de se donner des marges de manoeuvre", ont déclaré Agnès Buzyn et Gérald Darmanin. "Ils contribueront à redresser les comptes publics, à sauvegarder notre système de sécurité sociale et permettront la conduite des grandes réformes sociales qui nous attendent."

Réformes structurelles

Rappelons qu'en fin d'année dernière, la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait présenté le plan du gouvernement pour endiguer le déficit chronique de la Sécurité sociale. Notamment, la ministre avait annoncé des "réformes structurelles" destinées à "contrôler" la hausse des dépenses de santé liée au vieillissement de la population...

Elle entend ainsi favoriser l'ambulatoire, c'est-à-dire les très courts séjours en milieu hospitalier. Dans cette logique, le gouvernement compte d'ailleurs "fermer les lits qui ne servent à rien ou les réorienter vers de nouveaux besoins" selon Agnès Buzyn qui voit des "marges de manoeuvre" pour économiser des fonds "sans toucher à l'égalité des chances". En matière d'accès aux soins, la ministre assure vouloir contenir l'élargissement du périmètre des déserts médicaux...

Mutualisation des dépenses

Afin de résorber le trou de la sécurité sociale, Agnès Buzyn table aussi sur une mutualisation des dépenses, avec par exemple l'achat de médicaments. La mesure pourrait permettre aux établissements de santé d'économiser 1 milliard d'euros...

Le gouvernement compte en contrepartie arriver au remboursement intégral des lunettes, ainsi que celui des prothèses auditives et dentaires. "Je souhaite y arriver bien avant la fin du quinquennat. Mon but est d'aboutir d'ici à un an" avait déclaré la ministre de la Santé fin 2017 en mettant en garde "toute la chaîne des acteurs qui devra contribuer".

Parmi les autres mesures financières, le gouvernement continuera de taper au portefeuille des fumeurs... Le prix du paquet de cigarettes va en effet encore augmenter. Après 1 euro de plus validé en mars 2018, il atteindra 10 euros en 2020, date à laquelle l'équilibre de la Sécurité sociale devrait être atteint...

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