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La pause sur la fiscalité écologique coûtera 2 milliards d'euros

La pause sur la fiscalité écologique coûtera 2 milliards d'euros

Mais "si les impôts baissent il faudra que les dépenses baissent", a prévenu le Premier ministre Edouard Philippe, qui a fait un geste mardi en direction du mouvement des "Gilets jaunes".

La pause sur la fiscalité écologique coûtera 2 milliards d'euros
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La pause de six mois de la fiscalité écologique annoncée mardi par Edouard Philippe en réponse aux revendications des "Gilets jaunes" va coûter cher... Elle devrait amputer les recettes de l'Etat de deux milliards d'euros en 2019.

Un montant "à financer par des économies qui seront détaillées prochainement" car il n'y aura "pas de dégradation de la trajectoire budgétaire", selon une source gouvernementale de l'agence Reuters. L'exécutif prévoit que le déficit public s'établisse à 2,8% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain.

Les engagements respectés à Bruxelles

Edouard Philippe a annoncé mardi une suspension pour six mois de la hausse de la taxe sur les carburants et le fioul, des mesures de convergence essence-diesel et le maintien provisoire de l'avantage fiscal sur le gazole pour les professionnels dont bénéficiaient différents secteurs industriels.

Mais "si les impôts baissent il faudra que les dépenses baissent", a prévenu le Premier ministre. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, confirmé mardi à Bruxelles que le gouvernement respecterait ses engagements européens.

Renoncer à la fin de l'ISF ?

Les économistes interrogés par Reuters évoquent plusieurs pistes, comme de renoncer à la suppression de l'ISF, ou d'amender la bascule du CICE. La conversion du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de charges pérenne pour les entreprises doit se traduire en 2019 par un double coût pour l'Etat, de 20 milliards d'euros de baisse de charges patronales pour l'année en cours et 20 milliards de versements de crédit d'impôt pour l'année 2018.

Autre piste, soulevée dans le journal 'Le Monde' par l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron dans l'élaboration de son programme présidentiel Philippe Aghion : une remise à plat des niches fiscales, mais aussi l'introduction d'"une taxe de solidarité sur les patrimoines mobiliers pour financer la transition", voire une sortie du pacte de stabilité et de croissance de la zone euro. "Il ne faut pas nous interdire de sortir temporairement de la contrainte budgétaire européenne des 3% de déficit et d'aller jusqu'à 3,5% si nécessaire", estime l'économiste.

Lâcher du lest sur le déficit ?

Mais ce point de vue divise. "Emmanuel Macron ne peut pas se permettre de relâcher la contrainte budgétaire", estime Daniel Cohen, interrogé par Reuters. "Au moment où on est en train de reprocher à l'Italie un déficit au-dessus de 2,2%, ce serait mal placé de la part de la France de remettre en cause ce principe, et impossible sans déclencher un sentiment d'injustice profond en Italie, surtout vu le rôle qu'Emmanuel Macron entend jouer au niveau européen."

©2018,

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