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La France reste mal classée en matière de lutte contre la corruption

La France reste mal classée en matière de lutte contre la corruption

Elle se situe par ailleurs au 22ème rang mondial, d'après le classement établi par l'ONG 'Transparency international'...

La France reste mal classée en matière de lutte contre la corruption
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Marchés publics truqués, pots-de-vin, favoritisme, emplois fictifs, prises illégales d'intérêts... Cette année encore, la France accuse un sérieux retard, en matière de lutte contre la corruption, note l'ONG Transparency international, dans son rapport annuel publié mercredi. "Trente ans. C'est le temps qui est passé depuis les dernières grandes mesures d'un gouvernement français en matière de moralisation de la vie publique", rappelle l'association.

Le coût de la corruption évalué à 1% du PIB européen !
L'Indice de Perception de la Corruption (IPC), calculé par l'organisation place la France au 22ème rang mondial et au 9ème rang européen des Etats perçus comme les moins corrompus, souligne le rapport. Elle se situe derrière les pays scandinaves, l'Allemagne, la Belgique ou encore le Royaume-Uni. Pour l'opinion, à qui l'on demande de réaliser des sacrifices en période de réduction des déficits, la pilule pourrait avoir du mal à passer. S'il est difficile d'évaluer le coût de la corruption en France, l'ONG rappelle que, d'après les estimations de la commission européenne, elle représenterait au sein du Vieux continent 1% du PIB, soit 120 milliards d'euros.

De bonnes intentions, pas de suivi dans les actes
Si la France a voulu à plusieurs reprises faire preuve de transparence, le rapport fait remarquer que bien souvent, les lois édictées ne sont pas appliquées... Parmi les nombreux exemples répertoriés, le rapport cite l'obligation depuis 1988 - dispositif renforcé le 14 avril 2011 - pour les élus de transmettre, dans les deux mois suivant leur élection, une déclaration de patrimoine auprès de la Commission pour la transparence financière de la vie politique. Malgré le renforcement de la législation l'an dernier, "le dispositif (...) demeure ineffectif". Des sanctions pécuniaires sont même prévues en cas d'absence de déclaration, mais ne sont pas appliquées... Parmi les derniers exemples en date, l'ONG cite le non cumul des mandats promis par François Hollande lors de la campagne présidentielle : "A ce jour, seule une minorité des députés PS cumulards ont mis en oeuvre cet engagement".

L'indépendance de la justice mise à mal
Un rapport de l'OCDE publié en octobre dernier pointait déjà du doigt le manque d'indépendance de la justice en matière de lutte contre la corruption. L'ONG dénonce notamment l'utilisation abusive du principe de "secret défense" (dans l'affaire Karachi notamment) et les soupçons récurrents de l'intervention du gouvernement dans certaines affaires (Bettencourt par exemple). Pour mettre un terme à ce cercle vicieux, l'organisation recommande à la France de désigner la lutte contre la corruption comme "grande cause nationale"...

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