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La France demande un plan européen de sortie du glyphosate

La France demande un plan européen de sortie du glyphosate

Alors que les agriculteurs veulent continuer à utiliser cet herbicide, l'exécutif reste flou sur une échéance pour l'interdiction...

La France demande un plan européen de sortie du glyphosate
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le gouvernement souhaite interdire le glyphosate avant la fin du quinquennat. Il a annoncé ce lundi qu'il souhaitait "un plan de sortie" de cet herbicide controversé que les agriculteurs veulent pouvoir continuer à utiliser...

La Commission européenne a fait connaître son souhait de prolonger l'autorisation ce produit présent notamment dans le Roundup, un désherbant du groupe américain Monsanto, dans les pays de l'UE pour une nouvelle période de dix ans. La France a annoncé cet été qu'elle voterait contre cette proposition, conformément à un engagement d'Emmanuel Macron.

Quel délai ?

"C'est une durée trop longue, compte tenu des incertitudes qui subsistent sur ce produit", indique le Premier ministre Edouard Philippe. Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Stéphane Travert a déclaré vendredi sur RTL que la France, tout en ayant dit qu'elle était contre une prolongation de dix ans, était prête à transiger sur "un délai plus court de cinq à sept ans".

La date reste donc floue du côté de l'exécutif : le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a expliqué lundi sur BFM TV que l'ambition était d'interdire le glyphosate d'ici la fin du quinquennat, à la mi-2022. Mais dans l'entourage du gouvernement, on ne souhaite pas fixer de date, évoquant "une période de transition raisonnable". Fixer un délai précis, "c'est mettre la charrue avant les boeufs", souligne-t-on.

Des investissements massifs

Christophe Castaner a précisé que pour atteindre cet objectif, le gouvernement entendait "investir massivement" pour "donner les moyens aux agriculteurs et aux scientifiques de trouver des produits de substitution au glyphosate". Il a cité un montant global de cinq milliards d'euros "pour la modernisation de nos pratiques agricoles sur le quinquennat".

La FNSEA, principal syndicat patronal agricole, reçue lundi matin par le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, a déclaré son opposition à une interdiction de principe dans le cas où la prorogation sur dix ans serait finalement décidée à Bruxelles. Ce sera le cas si la CE recueille le soutien de 16 des 28 Etats membres, représentant au moins 65% de la population de l'UE.

Règles plus strictes

Le vote des experts européens, prévu pour octobre, a été repoussé d'au moins un mois, dit-on de source européenne... "Nous avons dit à Nicolas Hulot que si la Commission européenne dit oui, il est hors de question que la France impose des règles plus strictes (...) Ce serait une distorsion intenable pour les agriculteurs", a déclaré Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA.

Environ 300 agriculteurs se sont rassemblés vendredi dernier sur les Champs-Elysées à Paris pour exiger le maintien de l'autorisation du glyphosate...

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