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La dette publique en France pourrait frôler les 100% en 2015

La dette publique en France pourrait frôler les 100% en 2015

Le projet de loi de Finances 2015 prévoit une dette de 98% du PIB, selon 'Les Echos'.

La dette publique en France pourrait frôler les 100% en 2015
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Compte tenu du dérapage du déficit public et de la faible croissance, la dette publique devrait elle aussi augmenter l'an prochain au lieu de diminuer ! Selon des informations publiées par 'Les Echos' du jour, le projet de loi de Finances pour 2015 prévoirait ainsi que la dette publique de la France atteindra 98% du PIB à la fin de l'année prochaine, après 91,8% en 2013 et 95% prévus pour 2014. La dette refluerait ensuite légèrement en 2016 et en 2017 selon le texte, qui doit être présenté officiellement le 1er  octobre en Conseil des ministres.

Rappelons que la dette publique comprend la dette de l'Etat et de ses agences, ainsi que celle des collectivités locales et de la Sécurité sociale. Sur ce dernier front d'ailleurs, la Cour des comptes vient de publier un rapport pessimiste, en estimant que le retour à l'équilibre de la Sécurité sociale en 2017 paraît "des plus incertains"... Les magistrats de la rue Cambon estiment que "l'essentiel de l'effort pour revenir à l'équilibre effectif des comptes sociaux reste à accomplir".

Croissance et inflation en berne

Alors que la dette publique plafonnait à 80% du PIB il y a 5 ans et à 65% il y a 10 ans, elle dérape à nouveau sous l'effet de la mauvaise conjoncture économique et des déficits publics. Ainsi, le ministre de l'Economie a revu début septembre le déficit public en hausse : il devrait remonter à 4,4 % du PIB en 2014 (après 4,2% en 2013), puis s'établir à 4,3% en 2015 (au lieu des 3% précédemment visés) avant un reflux à partir de 2016. Quant à la croissance du PIB, elle a été révisée en nette baisse, à 0,4% contre 0,8% espéré au printemps dernier... L'amélioration n'interviendrait qu'à partir de 2016, où Bercy table sur une croissance du PIB de 1,7% et sur une baisse du déficit public à 3,7% du PIB.

Des taux d'intérêts historiquement bas

Malgré ses mauvaises performances, la France est parvenue jusqu'ici à conserver la confiance des marchés financiers. Ainsi, Paris bénéficie encore de taux d'intérêts historiquement bas sur ses emprunts, les taux étant même devenus négatifs sur les échéances à court terme et plafonnant à 1,4% environ pour les emprunts à 10 ans. En sachant que toute hausse de taux aurait des effets négatifs sur la dette publique.

Cette lune de miel avec les marchés pourrait bien être remise en cause, si le nouveau gouvernement de Manuel Valls ne parvient pas à convaincre de sa capacité à réaliser des réformes structurelles. Ainsi, l'agence de notation financière Moody's doit rendre ce vendredi un rapport sur la dette souveraine de la France, et certains craignent une nouvelle dégradation de la note de Paris. Moody's avait retiré en novembre 2012 son 'Triple A' à la France, ramenant sa notation à Aa1, assortie d'une perspective négative. L'agence pourrait donc sévir à nouveau dès cette semaine, ou au mieux, reporter sa décision au début de 2015, le temps de juger de l'effet des réformes annoncées...

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