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La Cour des Comptes étrille la gestion d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva

La Cour des Comptes étrille la gestion d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva

Dans un pré-rapport, les Sages dénoncent "la fuite en avant" de l'ex-dirigeante...

La Cour des Comptes étrille la gestion d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'ex-PDG d'Areva, Anne Lauvergeon, est directement mise en cause par la Cour des comptes... Dans un pré-rapport dont 'Les Echos' publient des extraits ce matin, la Cour critique vivement la gestion du groupe nucléaire public entre 2006 et 2011, sous la direction de Mme Lauvergeon, qualifiant notamment sa stratégie de "fuite en avant", et dénonçant pêle-mêle la politique de rémunération des dirigeants, les problèmes de commercialisation du réacteur EPR en Finlande et l'achat dans des conditions opaques de la société minière Uramin, deux affaires qui ont occasionné de très lourdes pertes au groupe nucléaire français. En outre, l'affaire Uramin fait désormais l'objet d'une enquête préliminaire du parquet de Paris pour “présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles”, “diffusion d'informations fausses ou trompeuses”  et “faux et usages de faux” sur la période 2007-2010.

"Forte personnalité"

Dans leur texte long de 122 pages, les magistrats mettent en cause Anne Lauvergeon pour les dysfonctionnements, en estimant qu'"un certain nombre de difficultés du groupe (...) dans la période antérieure à 2012, proviennent avant tout de la forte personnalité de la présidente du directoire". Entre autres problèmes, les rédacteurs du rapport se réfèrent à des "procès-verbaux elliptiques ou des séances tenues sur le papier", et ne jugent pas non plus satisfaisante la “concentration du pouvoir réel dans les mains de la présidente” du groupe, dont l'Etat contrôle environ 87% du capital...

Pas de réaction

Anne Lauvergeon n'a pas réagi pour l'instant à cette publication, mais elle avait transmis le mois dernier à la Cour une réponse dans laquelle elle estimait qu' "une personnalité forte et dynamique était nécessaire pour réussir la création d'un tel groupe, développer le leader mondial du nucléaire, motiver les équipes".

La Cour des Comptes préconise notamment de mettre fin au système actuel de gouvernance fondé sur un directoire et un conseil de surveillance. “Dans le schéma actuel de gouvernance, le directoire a pu prendre seul la décision de signer le contrat de l'EPR finlandais OL3, source d'une perte de plus de 3 milliards d'euros pour Areva”, regrettent les rapporteurs. Un conseil d'administration permettrait à l'Etat, qui y serait représenté, de se prononcer sur les grandes offres commerciales d'Areva et d'arrêter les comptes, soulignent-ils.

Plus généralement, conclut le rapport, "la période sous revue montre la difficulté d'Areva à s'extraire des projets litigieux et à maîtriser les prestations de ses sous-traitants. Cela traduit des fragilités dans les anciennes procédures du groupe et des manques dans les capacités d'ingénierie qui restent en deçà du niveau requis pour le bon achèvement de projets de cette complexité".

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