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L'Ecole polytechnique dans le viseur de la Cour des comptes

L'Ecole polytechnique dans le viseur de la Cour des comptes

Les "sages de la rue Cambon" estiment notamment que l'Ecole "n'est pas en situation de piloter" ses ambitions en raison de faiblesses dans sa gestion...

L'Ecole polytechnique dans le viseur de la Cour des comptes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Coup de sabre pour la prestigieuse école d'ingénieurs... Dans son rapport annuel rendu public mardi, la Cour des comptes s'attaque à l'Ecole polytechnique, remettant notamment en cause sa stratégie et sa gestion "incertaine". Pour rappel, l'école créée en 1794 avait déjà été étrillée par l'institution pour les mêmes raisons dans un référé datant de 2012.

Huit ans après, les magistrats de la Cour des comptes estiment que la gestion de l'École polytechnique n'est toujours "pas à la hauteur de sa réputation, ni de la place particulière qu'elle occupe dans l'enseignement supérieur", et ce malgré une feuille de route "particulièrement exigeante" pour permettre à l'X de "se rendre visible à l'international et d'y occuper la place qu'elle mérite".

"L'Ecole n'est pas aujourd'hui en situation de piloter dans de bonnes conditions le développement de l'institut polytechnique de Paris, dont les grandes ambitions paraissent aujourd'hui déconnectées de la situation financière dégradée", a ajouté la Cour des comptes.

Des résultats "déficitaires sur 5 exercices"

Le rapport pointe notamment un manque de rigueur, qui a conduit à un "déséquilibre financier chronique" de l'Ecole, dont le budget annuel avait atteint 192 millions d'euros en 2019. Malgré "un soutien financier accru de l'Etat à partir de 2016", les résultats comptables ont fait apparaître "cinq exercices déficitaires consécutifs, de 2014 à 2018", soit une perte cumulée de près de 20 millions d'euros. Pour 2019, l'X prévoit de nouveau un déficit à hauteur de 5,3 millions d'euros...

Même si "des progrès ont été constatés" depuis 2012, la Cour a toutefois relevé l'absence de comptabilité analytique, alors que l'institution avait recommandé sa mise en place il y a huit ans. Le rapport souligne, entre autres, une "gestion des personnels enseignants encore laxiste".

En effet, certains professeurs ne réaliseraient pas toutes "les heures d'enseignement qui leur incombent", entraînant ainsi "des anomalies en matière d'attribution". C'est le cas notamment pour la prime d'encadrement, fixée à 2.352 euros annuels, dont le versement est réservé "aux personnes qui réalisent la totalité de leurs heures d'enseignement".

Les "sages de la rue Cambon" invitent également l'Ecole polytechnique à mieux encadrer les dépenses relatives au recours à des personnels extérieurs pour réaliser des vacations d'enseignement auprès des élèves...

Un manque de diversité sociale

Le rapport critique par ailleurs le manque de diversité sociale dans le recrutement. "Les statistiques font apparaître un recrutement très peu diversifié des élèves français du cycle ingénieur tant en termes de genre que d'origine sociale", relève la rue Cambon. Actuellement, le nombre de femmes "stagne depuis dix ans", à 17,9% des effectifs, soit le même niveau constaté en 2009.

Par ailleurs, le recrutement est "excessivement concentré parmi les enfants de familles de 'cadres et professions intellectuelles supérieures' au sens de l'Insee", qui représentent 73% des admis au concours 2019.

De son côté, la proportion d'élèves boursiers a diminué d'année en année, passant de 16,8% en 2011 à 11,4% pour la promotion 2019. Cette part est d'ailleurs plus faible que la moyenne observée dans les écoles d'ingénieurs (26%) ou dans les classes préparatoires aux grandes écoles (28,8%).

©2020,

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