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J-3 avant la grève, le gouvernement reste ferme sur les retraites

J-3 avant la grève, le gouvernement reste ferme sur les retraites

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a répété qu'il juge le système actuel "à bout de souffle", "injuste", "fragile financièrement" et "extraordinairement complexe".

J-3 avant la grève, le gouvernement reste ferme sur les retraites
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A trois jours d'une journée de grève et de manifestations qui s'annonce particulièrement suivie en France, le gouvernement choisit de maintenir le cap sur son projet de réforme des retraites. Invité de France Inter lundi, le ministre de l'Economie et des Finances a maintenu l'objectif d'une refonte d'un système né en 1945 qu'il juge "à bout de souffle", "injuste", "fragile financièrement" et "extraordinairement complexe".

Bruno Le Maire a cependant voulu rassurer les enseignants, qui devraient être très mobilisés jeudi. Il leur a promis que des discussions s'ouvriraient sur une revalorisation de leurs salaires afin qu'ils ne soient pas "perdants". "On va intégrer les primes, ça va être bon pour un certain nombre de fonctionnaires. Pour d'autres, dont les enseignants, ça n'aura pas une grande incidence. Donc il faudra qu'il y ait une revalorisation. Nous en sommes conscients", a-t-il expliqué dans un geste d'ouverture.

Fusion des 42 régimes

En face, les syndicats ont multiplié les avertissements ces dernières heures. Le dirigeant de la CFDT, Laurent Berger, tout comme l'ex-secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, ont mis en garde le gouvernement contre la dégradation du climat social en France, un climat plus tendu qu'en 1995, date d'une mobilisation d'ampleur qui avait contraint le gouvernement d'alors à reculer sur son projet de réforme des retraites.

Le mobilisation contre la fusion des 42 régimes de retraites existants en un système universel par points devrait être suivie et durer plusieurs jours. SNCF, RATP, Air France, contrôleurs aériens, EDF, poids lourds, raffineries, étudiants, enseignants, hospitaliers, policiers, avocats, magistrats, éboueurs... Les appels à la grève sont particulièrement nombreux - 2.000 recensés dans le secteur privé pour le 5 décembre, selon la CGT. Plus de 150 manifestation sont au programme dans toute la France. A Paris, le cortège devrait défiler dans l'après-midi entre la gare de l'Est et la place de la Nation.

Baisse du montant des pensions ?

"Ce qu'on dit, c'est que le projet du gouvernement ne va pas améliorer le sort des retraités, il va l'aggraver", a dit à Reuters le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, citant l'exemple du régime unique instauré en Suède en 2001, qui, dit-il, a fait baisser le montant des pensions entre 2004 et 2018, les faisant passer de 60% du salaire de fin de carrière à 53% aujourd'hui.

"Tout le monde a bien compris, contrairement à ce qu'essaie de faire croire le gouvernement, que la réforme des retraites concernait (l'ensemble de la population)", a-t-il ajouté. "L'exécutif et le président de la République savent maintenant qu'il va se passer quelque chose d'important le 5 décembre, mais plutôt que d'écouter, ils essaient de diviser, d'opposer, de faire peur aussi", estime-t-il.

Pour le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, les salariés n'ont pas d'autres moyens aujourd'hui "pour se faire entendre que de dire : 'on arrête de travailler tous ensemble, le plus largement et le temps qu'il faudra'". "A force de ne pas nous écouter, ça s'accumule et aujourd'hui on arrive à cette situation", dit-il à Reuters. Mais l'objectif du mouvement est de faire bouger les lignes, "ce n'est pas de bloquer pour bloquer".

Système chamboulé

Actuellement, dans chacun des 42 régimes de retraites, les pensions sont calculées en fonction du nombre de trimestres cotisés, en prenant en compte les 25 meilleures années pour les salariés du privé, et les six derniers mois pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux. L'exécutif veut chambouler ce système en prenant en compte l'ensemble de la carrière, "où un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous". Dans le "système universel", chaque jour travaillé comptera tout au long de la carrière.

Pour les syndicats à l'initiative du mouvement, le gouvernement doit écarter le projet de régime unique par points porté par le haut-commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, et améliorer le système existant. Le haut-commissaire doit présenter les conclusions des dernières consultations avec les partenaires sociaux "le 9 ou 10 décembre", avant que le Premier ministre ne présente les grandes lignes du projet de réforme.

©2019,

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