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Internet : Obama dénonce le protectionnisme de l'Europe

Internet : Obama dénonce le protectionnisme de l'Europe

Le président américain défend les stratégies de conquête de Google, Facebook et consorts

Internet : Obama dénonce le protectionnisme de l'Europe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les enquêtes ouvertes en Europe contre Google et d'autres géants américains d'Internet agacent Barack Obama. Le président américain estime ainsi que "parfois les réponses européennes sont davantage dictées par des intérêts commerciaux". Dans une interview accordée au site spécialisé 'Recode.net', il estime que "parfois, les fournisseurs d'accès à internet européens, qui, comme vous le savez, ne peuvent pas lutter contre les nôtres, essaient seulement d'élever des obstacles pour empêcher nos entreprises d'opérer efficacement là-bas".

Bruxelles cherche à réfréner les ardeurs de Google & Co.

Et le président américain de rappeler la suprématie de l'industrie technologique américaine. "Nous avons possédé Internet. Nos entreprises l'ont créé, l'ont étendu, l'ont perfectionné, de telle manière qu'ils (les Européens) ne peuvent pas lutter". Ces dernières années, la Commission européenne a intensifié ses efforts pour contrôler les géants du net, que ce soit en réponse à l'espionnage mené par les service secrets américains via ces sociétés (mise sur écoute de la chancelière allemande notamment...), ou pour lutter contre l'évasion fiscale pratiquée par ces groupes, ou encore pour les empêcher d'exercer leur position dominante au détriment de sociétés européennes.

Bruxelles a notamment ouvert depuis 4 ans une enquête contre les pratiques anticoncurrentielles de Google. La Commission européenne a aussi obligé en mai 2014 le propriétaire du premier moteur de recherche mondial à mieux respecter la vie privée des usagers en leur accordant un "droit à l'oubli" sur la toile. Par ailleurs, la France et l'Allemagne poussent la Commission européenne à encadrer les pratiques commerciales de Google, Amazon, Facebook et Apple, afin de les mettre sur un pied d'égalité avec les acteurs européens et de donner une chance à l'Europe de rattraper son retard numérique.

De son côté, le parlement européen a voté en 2014 une motion, de portée symbolique, demandant aux régulateurs d'imposer une scission de Google afin de briser sa domination sur les différents domaines d'Internet.

Obama cherche à retrouver les faveurs de la Silicon Valley

Pour Barack Obama, cette pique envers l'Europe est aussi un moyen de redorer son blason auprès des sociétés internet américaines, avec lesquelles les relations de l'administration américaine se sont nettement dégradées depuis les révélations faites par Edward Snowden sur les pratiques d'espionnage à grande échelle de la NSA et du FBI sur la toile.

La semaine dernière, Barack Obama a lancé une offensive de charme sur ces groupes, conviés à coopérer avec le gouvernement contre la cybercriminalité. A noter cependant que Google, Yahoo et Facebook ont tous trois boycotté le sommet sur la cybersécurité, organisé par le président américain vendredi dernier à l'université de Stanford, située au coeur de la Silicon Valley, en Californie.

Depuis l'affaire Snowden, les ingénieurs réseaux ont pris l'habitude de crypter leurs données afin de les protéger des services secrets américains. Barack Obama cherche désormais à encourager le secteur privé à créer des organisations de partage d'informations sur les cyberattaques, non seulement entre les entreprises, mais aussi entre les sociétés et le département de la Sécurité intérieure...

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