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Impôts, référendum, écoles, retraites... Macron abat ses cartes

Impôts, référendum, écoles, retraites... Macron abat ses cartes

Cinq mois après le début de la crise des "Gilets jaunes", Emmanuel Macron a présenté jeudi une série de mesures issues du "grand débat" national. Objectif : éteindre la contestation populaire...

Impôts, référendum, écoles, retraites... Macron abat ses cartes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un rendez-vous raté le 15 avril avec l'incendie de Notre-Dame de Paris, Emmanuel Macron a finalement présenté jeudi une série de mesures issues du "grand débat" national, cinq mois après le début de la crise des "Gilets jaunes".

Pas de référendum d'initiative citoyenne

Lors de sa conférence de presse à l'Elysée, le chef de l'Etat a écarté le référendum d'initiative citoyenne (RIC) stricto sensu, le vote blanc et le vote obligatoire mais a retenu d'autres options, qui feront l'objet d'une réforme constitutionnelle censée être soumise au Parlement d'ici à l'été. "Sur le plan démocratique, les citoyens veulent être mieux représentés, participer davantage", a-t-il déclaré...

Le chef de l'Etat souhaite ainsi faciliter le recours au référendum d'initiative partagée, réduire le nombre de parlementaires et limiter le nombre de mandats dans le temps, mais aussi transformer le Conseil économique, social et environnemental en Conseil de la participation citoyenne avec des citoyens tirés au sort.

"Dès le mois de juin", 150 personnes seront ainsi désignées. Emmanuel Macron propose en outre d'ouvrir un "acte II de la décentralisation", qui "doit porter sur le logement, transport, transition écologique", en fixant le premier trimestre 2020 comme horizon.

Baisse de l'impôt sur le revenu

Emmanuel Macron assigne au gouvernement l'objectif de réduire "significativement" l'impôt sur le revenu pour alléger la facture fiscale des classes moyennes. Cette baisse sera financée "par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler plus, et des réductions de notre dépense publique", avec notamment la suppression de "nombre d'organismes inutiles". Le chef de l'Etat n'a pas donné plus de précisions.

Sans surprise, Emmanuel Macron refuse de rétablir l'impôt sur la fortune (ISF), réclamé par des "Gilets jaunes", et dit de "son devoir" de défendre le dispositif qui l'a remplacé, l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). "C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés." L'IFI sera évalué comme prévu en 2020 : si cette réforme "est trop large, a des effets pervers, ils seront corrigés".

Pensions alimentaires

Promis en février par Emmanuel Macron lors d'une visite dans un centre d'insertion professionnelle à Bordeaux, un mécanisme de garantie des paiements des pensions alimentaires non honorées va être mis en place. "Je veux que nous mettions en place de manière très rapide un système où on donnera à la CAF pour qu'elle puisse prélever les pensions alimentaires dues", a dit Emmanuel Macron.

Selon l'Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa), entre 30 et 40% d'entre elles ne sont actuellement pas versées. En France, plus d'une famille sur cinq (22%) est monoparentale aujourd'hui - dans 85% des cas le parent d'une famille monoparentale est une femme - et 32,5 % d'entre elles vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'Insee.

Pas de fermeture d'hôpital

Face aux inquiétudes émises lors du grand débat concernant l'accès aux services publics, Emmanuel Macron a annoncé qu'aucun hôpital ne fermerait sans l'accord du maire de la commune. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s'était engagée dans ce sens en décembre, en annonçant des investissements "dans 500 à 600 hôpitaux de proximité pour garantir et renforcer l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire".

Fin de l'ENA

Emmanuel Macron souhaite la fin des grands corps de la fonction publique car, a-t-il justifié, "nous avons besoin de filières d'excellence, nous n'avons plus besoin de protection à vie". L'avocat Frédéric Thiriez, ex-président de la Ligue de football professionnel, sera mandaté pour réfléchir à cette transformation de la haute fonction publique.

Moins d'élèves dans les classes

Revendication de longue date du principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, le nombre d'élèves sera limité à 24 dans les classes de grande section, CP et CE1 dès la rentrée prochaine. Selon le syndicat, quelque 109.000 classes de primaire comptent actuellement plus de 25 élèves en France.

Emmanuel Macron a aussi demandé au gouvernement "d'étendre le déboublement des classes dans les quartiers défavorisés". Ce dédoublement des classes de CP et de CE1 était entré en vigueur dans les écoles de l'éducation prioritaire ("REP" et "REP +") en 2017.

Un geste pour les retraités

Le chef de l'Etat a annoncé la réindexation des retraites les plus modestes sur l'inflation à partir du 1er janvier 2020 et de toutes les autres l'année suivante. "Au 1er janvier prochain, je souhaite que nous réindexions les retraites de moins de 2.000 euros et qu'il n'y ait plus de sous-indexation de quelque retraite que ce soit à partir de l'année 2021", a-t-il dit.

Près de huit mois après avoir provoqué la colère des retraités en annonçant une désindexation des retraites, l'exécutif assouplit donc sa position, qui était "mal vécue", selon Emmanuel Macron.

Cette mesure, plébiscitée par neuf français sur dix dans un récent sondage Ifop publié dans le 'Journal du Dimanche', était revenue sur la table ces dernières semaines. Fin mars, Emmanuel Macron s'était notamment dit favorable à un geste "pour les retraites contributives modestes".

Afin d'économiser plus de deux milliards d'euros, le gouvernement avait décidé de limiter à 0,3% la revalorisation des retraites, en deçà de l'inflation (1,8% en 2018), en 2019, suscitant l'ire des retraités déjà remontés contre la hausse de 1,7 points de la CSG (contribution sociale généralisée).

La prime exceptionnelle reconduite

Annoncée en décembre, la prime exceptionnelle de 1.000 euros exonérée de toutes charges sociales et d'impôt sur le revenu et versée aux salariés touchant jusqu'à 3.600 euros par mois va être reconduite en 2019.

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